Iraq : les actes de terreur de l'EIIL sont contraires aux valeurs de toutes les confessions

16 juillet 2020

Les chefs religieux des communautés en Iraq ont appelé à davantage de « guérison et de réconciliation » lors d'un événement organisé jeudi par l'ONU, réaffirmant leur engagement à soutenir les survivants des crimes perpétrés par les combattants terroristes de l'Etat islamique en Iraq et au Levant (EIIL/Daech).

Les principaux signataires d'une déclaration interconfessionnelle historique sur les victimes et les survivants de l'EIIL - représentant l'islam, l'église chrétienne et d'autres confessions - ont participé à une discussion en ligne, tenue sous les auspices du Conseiller spécial des Nations Unies qui dirige également l'équipe d'enquête pour promouvoir la responsabilité pour les crimes commis par Daech / EIIL (UNITAD).

La discussion était co-organisée par Religions pour la paix, une coalition internationale qui comprend 90 conseils nationaux et six conseils interreligieux régionaux.

Les participants ont condamné les actes de terreur commis par l’EIIL comme étant « contraires aux principes fondamentaux de nos religions ainsi qu’aux valeurs fondamentales de l’humanité ».

« Que peut être la religion si ce n'est pour la paix? », a ainsi déclaré Karim Asad Ahmad Khan QC, chef de l'UNITAD.

Des attaques « loin d'être terminées »

Le Conseiller spécial a exprimé sa gratitude aux chefs religieux iraquiens pour leur courage « en ces temps difficiles » alors qu'ils soutiennent ensemble les survivants et les victimes de l'EIIL.

Soulignant que les attaques de l'EIIL étant « loin d'être terminées » à travers le monde, il a exhorté les représentants de toutes les religions à dénoncer l'idéologie du groupe comme étrangère aux valeurs religieuses et à celles de toute l'humanité.

Selon M. Khan, la seule façon de répondre à des groupes comme l'EIIL est que les chefs religieux se soutiennent mutuellement.

« Chaque fois que les gens cherchent à mesurer la valeur des humains en fonction de leur propre croyance, il devrait y avoir une sonnette alarme », a signalé le Conseiller spécial, ajoutant que tout le monde devait « commencer à appliquer une tolérance zéro à l'intolérance ».

Aucune religion n’est épargnée

Toutes les religions à travers l'Iraq ont été touchées par les atrocités de l'EIIL, ont déclaré les signataires, soulignant l'importance de soutenir les survivants au sein de leurs propres communautés.

« En montrant que les crimes de l'EIIL sont dissociés des valeurs de toutes les confessions, les chefs religieux iraquiens ont dénoncé les crimes de l'EIIL », a confirmé le chef de l'UNITAD.
 
Dans le même temps, les participants ont également noté que leur brutalité avait provoqué des « actes d'héroïsme » au cours desquels des communautés religieuses se sont élevées pour défendre celles de différentes origines religieuses et ethniques.

Appuyer les plus vulnérables

En reconnaissant les « énormes souffrances » endurées par les victimes de violences sexuelles et sexistes, les signataires ont souligné leur engagement à veiller à ce que ces personnes soient « pleinement soutenues » et ne souffrent pas de stigmatisation.

Et pour les « enfants innocents de Dieu » victimes de l'EIIL, ils ont souligné que « quelle que soit la douleur que ces enfants ont souffert, ils sont irréprochables ». Ils ont appelé les terroristes à renvoyer chaque enfant qu'ils ont enlevé dans leur famille légitime.

Rendre justice

La justice pour les victimes de l'EIIL ne pourra être rendue qu’en veillant à ce que ceux qui ont combattu au nom de cette organisation terroriste soient tenus responsables de leurs actes et que les personnes forcées de fuir la violence puissent rentrer chez elles en toute sécurité.

À cette fin, ils ont souligné leur « fort soutien collectif » au travail de l’UNITAD tout en soulignant l’importance de dénoncer les crimes de l’EIIL devant un tribunal.

« Enquêter sur les cas de personnes disparues et de personnes enlevées » permet non seulement de rendre justice aux victimes, mais favorise également « la compréhension de la gravité et de l'ampleur » de la violence et empêche un « futur révisionnisme », ont affirmé les signataires.

Pour terminer, ils ont souligné leur « engagement commun » et leur « endurance collective » à promouvoir « la justice, la tolérance, la réconciliation et le pardon » comme le moyen le plus efficace de lutter contre les crimes de l'EIIL en Iraq.

Cela constitue également « une étape clé pour empêcher la réémergence » de toute idéologie ou groupe terroriste similaire, ont déclaré les chefs religieux.

 

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