Les élections au Myanmar doivent être libres et équitables, déclare un expert de l'ONU

15 juillet 2020

Le nouveau Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l'homme au Myanmar a exprimé mercredi des doutes sur la nature libre et équitable des élections prévues en novembre dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

« Le peuple du Myanmar mérite des élections libres et équitables en novembre », a déclaré Thomas Andrews au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. Pour l’expert, de telles conditions incluent le respect du droit de vote, quelle que soit sa race, son appartenance ethnique ou sa religion, la liberté d'expression et de réunion, et l’accès à l'information et à une presse libres. 

« Cela exigera également que des mesures soient prises dès maintenant pour garantir que ceux qui se trouvent dans les zones de conflit puissent exercer leurs droits », a souligné M. Andrews.

La réforme politique a commencé au Myanmar il y a 10 ans après près de 50 ans de régime militaire.

« La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si cette réforme se poursuivra », a déclaré le Rapporteur spécial dans un communiqué. « L'armée, ou Tatmadaw, sera-t-elle au service de la nation - responsable devant son peuple par le biais de ses représentants civils dûment élus - ou sera-t-elle hors de portée de l'autorité et de la responsabilité du gouvernement civil? », a-t-il demandé.

L’expert s'est déclaré particulièrement préoccupé par l'intensification des combats dans l'État de Rakhine, qui a déplacé encore plus de civils à un moment où des centaines de milliers de Rohingyas chassés de chez eux vivent toujours dans des conditions déplorables dans des camps de réfugiés et de déplacés, sans droits fondamentaux et incapables de se déplacer librement.

Dialoguer avec le gouvernement

M. Andrews, qui vient de prendre ses fonctions, a déclaré qu’il était redevable à ceux dont les droits de l'homme sont menacés ou assiégés. Il s'est également engagé à dialoguer avec le gouvernement du Myanmar et à l'écouter sur les questions des droits de l'homme.

Le nouveau Rapporteur spécial a appelé les militaires du Myanmar à respecter l'appel du Secrétaire général des Nations Unies à un cessez-le-feu mondial, et il a encouragé le gouvernement du Myanmar à coopérer avec les mécanismes de justice internationale existants, y compris la Cour internationale de Justice (CIJ), le mécanisme d'enquête indépendant pour le Myanmar et la Cour pénale internationale (CPI), pour garantir la responsabilité des crimes internationaux présumés.

Thomas Andrews, des  États-Unis, est un ancien membre du Congrès américain où il a représenté l’Etat du Maine. Il a un cabinet de conseil basé à Washington. Il a travaillé avec l'Institut national démocratique pour les affaires internationales et avec des parlementaires, des ONG et des partis politiques au Cambodge, en Indonésie, en Algérie, en Croatie, en Serbie, en Ukraine et au Yémen. Il a été consultant pour le gouvernement de la coalition nationale de l'Union de Birmanie et le réseau Euro-Burma, et a dirigé des ONG, notamment Win Without War et United to End Genocide.

NOTE :

Les Rapporteurs spéciaux de l'ONU font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les procédures spéciales, le plus grand organe d'experts indépendants du système des droits de l'homme des Nations Unies, est le nom général des mécanismes indépendants d'enquête et de surveillance du Conseil qui s'occupent soit de situations de pays spécifiques soit de questions thématiques dans toutes les régions du monde.

Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire. Ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et travaillent à titre individuel.

 

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