Racisme : la vie des femmes et des filles noires compte, affirme le Comité des droits de la femme de l’ONU

10 juillet 2020

Le Comité des droits de la femme des Nations Unies a appelé à une nouvelle ère de justice et de droits humains pour les femmes, soulignant que la vie des femmes et des filles noires compte également, en référence au mouvement américain ‘Black lives matter’ (les vies noires comptent).

Dans une déclaration publiée ce vendredi, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a ainsi affiché sa solidarité aux millions de femmes et de filles qui ont manifesté après l’assassinat de George Floyd, aux Etats-Unis, en insistant pour que leurs demandes pour la fin du racisme soient entendues.

« Le Comité reconnaît cet héritage (de racisme) et l’impératif d’ajouter nos voix à celles qui réclament la justice et les droits de l’homme pour tous », ont déclaré les expertes indépendantes onusiennes.

En cette Décennie internationale pour les personnes d’ascendance africaine (2015-2024), le Comité entend ainsi rappeler le sort de toutes les victimes du racisme systémique et de la violence raciste dans le monde, et de tous ceux qui ont manifesté une indignation justifiée.

La violence infligée à George Floyd par quatre policiers aux États-Unis en mai a suscité des protestations antiracistes et des mouvements de solidarité dans le monde entier.

« Au moment le plus vulnérable, M. Floyd a appelé sa mère, comme l’ont fait d’autres victimes avant lui, nous rappelant la grande perte, la douleur et la dislocation économique que vivent les femmes qui perdent leurs enfants, leur conjoint et partenaire, leurs frères et sœurs et d’autres membres de la famille dans ce cycle implacable de violence raciste », a souligné le Comité.

Des Afro-américaines victimes aussi de brutalités policières

Si la majorité des meurtres ont été commis contre des Afro-Américains, des Afro-Américaines, dont Yvonne Smallwood, Aiyana Jones, Sandra Bland et Breonna Taylor, ont également été victimes de ces « brutalités policières ». A cet égard, le Comité rappelle le sort réservé à Breonna Taylor. Cette technicienne en soins médicaux d’urgence de 25 ans, a été abattue dans son lit lorsque la police a fait une descente « dans la mauvaise maison en mars » dernier.

D’une manière générale,de nombreuses régions du monde partagent une histoire d’esclavage africain et de travail forcé dans les plantations, les mines et d’autres endroits, ainsi que d’exploitation coercitive et non rémunérée des femmes, des hommes et des enfants d’ascendance africaine.  Une façon pour le Comité de reconnaître la persistance d’un « héritage de racisme et de discrimination » pour ces nombreux descendants d’esclaves en Afrique, aux Amériques, en Asie et en Europe.

Le Comité affirme que les femmes et les jeunes filles sont également victimes de racisme et sont directement et indirectement touchées par l’injustice et la discrimination raciales. Si les personnes d’ascendance africaines sont particulièrement touchées, le Comité s’est également inquiété du racisme et de la discrimination systémiques dont sont victimes les femmes et les filles autochtones et roms dans le monde entier.

 

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