« Les hommes et garçons auteurs de violences contre les femmes et filles ne sont tout simplement pas des hommes »

22 juin 2020

Les hommes et les garçons qui « ferment les yeux » sur la violence à l'égard des femmes sont « complices », a déclaré la Vice-secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed.

Pendant la crise du coronavirus, l'ONU a signalé une augmentation au niveau mondial de la violence domestique.  Le confinement exacerbe les tensions et le stress créés par les soucis de sécurité, de santé et d’argent. Il renforce par ailleurs l’isolement des femmes ayant un partenaire violent et les sépare des personnes et des ressources les plus à même de les aider. C’est la tempête idéale pour laisser libre cours aux comportements violents et dominateurs derrière les portes closes. De plus, les refuges pour les victimes de violence domestique ne sont pas toujours accessibles durant la pandémie, ces derniers étant souvent réquisitionnés pour renforcer les mesures d’urgence contre la Covid-19.

Dans un appel personnel et franc, Amina Mohammed appelle toutes les personnes, mais surtout les hommes et les garçons, à mettre fin à la violence contre les femmes et à se tenir aux côtés de « nos mères, nos sœurs, nos filles, nos partenaires ».

« Partout dans le monde, la violence contre les femmes et les filles, y compris le viol, explose », a-t-elle déploré. « Et de nombreux incidents ont suscité une indignation généralisée ».

Pourtant, certains continuent d'essayer de jouer au jeu le plus ancien du monde : le jeu du blâme, regrette la numéro deux du Secrétariat de des Nations Unies. « Blâmez la pandémie de Covid-19. Blâmer le stress social et économique. Blâmer l'incertitude. Et même, de façon scandaleuse, blâmer la victime, généralement une femme ou pire encore, une fille. Blâmez n’importe quoi, tout blâmer, sauf l'agresseur », a énuméré la Vice-secrétaire générale.

« Soyons clairs : la violence sexuelle - toute forme de violence - est tout simplement de la violence. Il n'y a aucune excuse. Il n'y a aucune justification. Et il doit y avoir une tolérance zéro. Nous devons tous réagir et nous exprimez ».

Amina Mohamed, qui est mère de quatre filles, a expliqué que ce sont ses fils qui l'ont alerté et exhorté à parler.  « Ils ont dit : "Il s'agit d'un problème extrêmement grave. C'est dans tous nos espaces de chat. Vous devez faire quelque chose. Les gens écouteront" ».

Quand elle leur a demandé ce qu'ils entendaient, ils ont dit que « cela varie : certains disent que la violence n'est pas juste. Mais d'autres lamentablement disent que les femmes la demandent ! »

UNFPA/Olivier Girard
Des jeunes filles du village de Danja au Niger tiennent des pancartes en appui à l'initiative Spotlight.

 

« Les hommes et les garçons qui commettent des violences contre les femmes ou les filles ne sont tout simplement pas des hommes. Ils sont faibles. Ils sont honteux. Ils sont la définition classique d'un lâche », a insisté Mme Mohammed. « Et pour ceux qui ferment les yeux ou font la sourde oreille en disant que c'est une affaire privée, sachez que vous êtes complices de la violence ».

La Vice-secrétaire générale a expliqué qu' « en raison de ces attitudes, des millions de femmes et de filles font face, chaque jour, à la menace de violence - à la maison, à l'école, en ligne ». Elle appelle donc les hommes et les garçons, les pères et les fils, et les maris à avoir cette conversation.

« Assumez votre responsabilité. Parlez. Rangez-vous du côté des femmes et des filles.  Rejoignez l'appel du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour la paix partout - dans les zones de guerre et dans les foyers. Soutenez l'Initiative Spotlight appelant les hommes à mettre fin à la violence contre les femmes et les filles », a-t-elle ajouté. « Joignons-nous aux victimes de violences, y compris de viol. Écoutons leurs histoires. Erigeons-nous contre le blâme et l’humiliation de la victime ». 

Mme Mohammed rappelle aux hommes que « sans une femme et ses neuf mois de grossesse, vous ne seriez pas là où vous êtes ». « Soutenons nos mères, nos sœurs, nos filles, nos partenaires. Et, ensemble, déclarons d'une seule voix : je suis #AvecElle », a-t-elle conclu.

 

 

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