Covid-19 : l’OMS confirme la suspension des essais cliniques avec l’hydroxychloroquine

27 mai 2020

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé mercredi avoir suspendu « temporairement » les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

« À la lumière des récentes publications de preuves sur la sécurité et l’efficacité de l’hydroxychloroquine en tant que traitement pour les patients atteints de Covid-19, le Groupe exécutif de l’essai Solidarité a décidé d’arrêter temporairement l’utilisation du médicament à base d’hydroxychloroquine », indique un document de l’OMS.

L’agence onusienne précise que cette décision a été prise « à titre de précaution, le temps que les données de sécurité soient examinées ».

Cette décision fait suite à la publication d’une étude vendredi dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace ,voire néfaste, le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l’hydroxychloroquine contre la Covid-19, avait déclaré lundi le Directeur général de l’OMS, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

Selon l’agence onusienne, le Groupe exécutif de l’essai Solidarité, qui représente 10 des pays participants, s’est réuni samedi et a convenu d’examiner une analyse exhaustive et une évaluation critique de tous les éléments probants disponibles à l’échelle mondiale. Le Groupe exécutif a par la suite décidé d’une suspension temporaire du volet concernant l’hydroxychloroquine de l’essai Solidarity, en attendant que le Comité de surveillance et de suivi des données examine les informations relatives à l’innocuité. « L’OMS évalue actuellement l’utilisation de l’hydroxychloroquine chez les patients atteints de Covid-19 dans le cadre de l’essai Solidarité », précise l’agence onusienne.

Décision finale sur les dommages, les avantages ou l’absence d’avantages de la chloroquine

Une décision finale sur les dommages, les avantages ou l’absence d’avantages de l’hydroxychloroquine sera prise une fois que les preuves auront été examinées par le Comité de surveillance des données d’innocuité. Selon l’OMS, cet examen portera sur les données de l’essai de Solidarité et d’autres recherches en cours, ainsi que sur toute preuve publiée jusqu’à présent. Il est prévu pour la mi-juin.

S’agissant des traitements prophylactiques suivis dans certains pays, l’agence onusienne rappelle que chaque pays, en particulier ceux qui disposent d’autorités réglementaires, est en mesure de conseiller ses citoyens sur l’utilisation de tout médicament. « Bien que l’hydroxychloroquine et la chloroquine soient déjà des produits autorisés pour le traitement d’autres maladies, à ce stade, ces médicaments ne se sont pas avérés efficaces dans le traitement de la Covid-19 », réaffirme toutefois l’OMS. A cet égard, l’agence onusienne note que des avertissements ont été émis par de nombreuses autorités nationales sur les effets secondaires de ces médicaments et leur utilisation a été limitée dans de nombreux pays à des essais cliniques sous stricte surveillance en milieu hospitalier.

Par ailleurs, l’OMS soutient que les patients, précédemment randomisés pour le traitement à l’hydroxychloroquine, devraient continuer à recevoir ce médicament jusqu’à la fin de leur traitement.

A noter que lundi, le Dr. Tedros avait tout de même tenu à rappeler que l’hydroxychloroquine et la chloroquine « sont reconnus comme généralement sûrs pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme », rappelant ainsi l’inquiétude ne porte que sur le recours à ces deux médicaments en cas de Covid-19.

L’OMS alerte sur l’automédication

Vendredi, dernier le journal The Lancet a publié une étude observationnelle sur l’hydroxycholoroquine et la chloroquine et leurs effets sur les patients Covid-19 hospitalisés. Les auteurs de l’étude ont indiqué que, selon leurs estimations, le taux de mortalité était supérieur chez les patients qui prenaient ce médicament seul ou en association avec un macrolide. « Selon The Lancet, parmi les 100.000 patients de plusieurs pays randomisés pour recevoir de l’hydroxychloroquine, lorsqu’elle est utilisée seule ou avec un macrolide, le taux de mortalité est plus élevé et la fréquence des battements cardiaques irréguliers est plus élevée », a fait valoir l’OMS dans son document rendu public mercredi.

De façon générale, l’agence onusienne met en garde les médecins contre la recommandation ou l’administration de traitements non éprouvés aux patients atteints de Covid-19. Elle a également prévenu les autorités sanitaires et les populations contre l’automédication.

« Le consensus parmi les experts mondiaux est que le potentiel existe mais que des études beaucoup plus approfondies sont nécessaires de toute urgence pour déterminer si les médicaments antiviraux existants peuvent être efficaces pour traiter le nouveau coronavirus », relève l’OMS qui note que si ces traitements s’avèrent efficaces, ils pourraient réduire la charge de Covid-19.

L’OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l’hydroxychloroquine, baptisés « Solidarité », dans le but de trouver un traitement efficace contre la Covid-19. Actuellement, « plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3.500 patients ont été recrutés dans 17 pays », avait expliqué lundi le Dr. Tedros

Outre l’hydroxychloroquine, « d’autres essais sont en cours dans le monde entier, en plus de l’essai de solidarité. Sur la base de données issues d’études cliniques et de laboratoire, le Remdesivir, le Lopinavir/Ritonavir, le Lopinavir/Ritonavir avec interféron bêta-1a avaient été aussi initialement sélectionnés comme options thérapeutiques.

 

 

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