L’ONU se mobilise après le passage dévastateur du cyclone Amphan en Inde et au Bangladesh

22 mai 2020

Des milliers de maisons détruites, de nombreux villages inondés, des cultures perdues, tel est le spectacle désolant après le passage du cyclone Amphan. Il a laissé jeudi ses traces en Inde et au Bangladesh où il a fait au moins 97 morts, selon un bilan établi par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH).

Le BCAH a évalué à 10 millions le nombre de personnes affectées et quelque 500.000 se retrouvent sans abris. « Le cyclone Amphan qui a touché terre hier entre l’Inde et le Bangladesh a touché quelque 10 millions de personnes au Bangladesh, selon les rapports préliminaires.

Au moins 72 personnes ont été tuées en Inde et 25 au Bangladesh. Un demi-million de familles pourraient avoir perdu leur maison », a déclaré Jens Laerke, porte-parole du BCAH lors d’une conférence de presse virtuelle ce vendredi à Genève.

Le cyclone a provoqué un raz-de-marée qui a fait déferler de l’eau salée dans certains villages. Et selon le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM), le cyclone Amphan a affecté fortement 19 districts bangladais.

Les pays de la région ont retenu les leçons des cyclones dévastateurs des décennies précédentes. Ils ont ainsi construit des milliers d’abris pour la population et mis en place des politiques d’évacuation rapide. Et avant que la tempête ne frappe, le gouvernement du Bangladesh a, par exemple, évacué plus de 2 millions de personnes vers 12.000 abris anticycloniques. Environ un million de personnes auraient également été évacuées en Inde.

Abris, eau et soutien aux moyens de subsistance

Toutefois, le nouveau coronavirus a compliqué leur tâche cette année. Pour éviter la propagation du virus, les autorités avaient appelé les déplacés à respecter la distanciation physique dans les refuges et à porter des masques. Et pour minimiser les risques d’infection, les autorités ont aménagé des salles séparées pour les personnes présentant les symptômes de Covid-19 et des installations pour le lavage des mains dans les abris anticycloniques.

De façon générale, le cyclone actuel et l’approche de la mousson ajoutent une couche supplémentaire de vulnérabilité, car les fortes pluies menacent de déplacer de nombreuses familles. Les camps de Rohingya ont été largement épargnés par les dégâts causés par le cyclone.

Le Bangladesh est vulnérable aux phénomènes météorologiques violents de mars à décembre de chaque année, en raison de la saison des moussons et des cyclones.  Et pour mesurer réellement l’impact pour les plus vulnérables, les partenaires humanitaires et les autorités gouvernementales du Bangladesh procèdent à des évaluations conjointes des dégâts. « Nous prévoyons que les besoins seront principalement une aide d’urgence pour les abris, l’assainissement de l’eau et l’hygiène, ainsi qu’un soutien aux moyens de subsistance », a précisé Jens Laerke. « Alors que la plupart des cultures ont déjà été récoltées, les premiers rapports suggèrent que les pêcheries, en particulier les petits éleveurs de crevettes, ont subi des dommages », a ajouté de son côté Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM.

Dans ces conditions, l’Agence onusienne fournit une aide alimentaire supplémentaire aux ménages touchés. Le PAM a prépositionné des stocks alimentaires, notamment des biscuits à haute teneur énergétique pour 90.000 familles, dans les zones touchées et des stocks alimentaires supplémentaires peuvent également être mis à disposition et prêts à être distribués.

Plus de 3.435 décès dus à Covid-19 en Inde et 408 morts au Bangladesh

Le cyclone Amphan intervient alors que la pandémie de coronavirus n’a pas épargné les deux pays. Selon le bilan établi ce vendredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Inde enregistre 112.359 cas confirmés de Covid-19 dont 3.435 décès. Au Bangladesh, il y a plus de 28.500 cas confirmés dont près de 408 décès. Et à la date du jeudi 21 mai, il y avait 10 cas confirmés dans les camps de réfugiés Rohingya.

« Le virus Covid-19 peut être mortel, mais la faim l’est tout autant », a fait valoir Mme Byrs, afin d’attirer l’attention sur les plus vulnérables, qui ne doivent pas être laissés pour compte dans la réponse à cette pandémie. Mais pour y arriver, le PAM a besoin d’urgence de 200 millions de dollars pour sa réponse à Covid-19 au Bangladesh.

Ce financement aidera le PAM à répondre aux besoins alimentaires des familles les plus vulnérables, notamment celles des zones rurales et des bidonvilles urbains, ainsi que des personnes travaillant dans l’économie informelle. En outre, le financement de l’intervention en faveur des Rohingyas reste également essentiel pour assurer la sécurité alimentaire de près de 860.000 réfugiés rohingyas vivant à Cox’s Bazar.

Plus largement, les organismes humanitaires redoutent que la Covid-19 « annule les gains de développement réalisés au cours des cinq dernières décennies » à Dacca. Le confinement et les restrictions de mouvement affectent les moyens de subsistance de millions de personnes au Bangladesh.  Selon le PAM, quelque 40 millions de personnes au Bangladesh vivent déjà dans la pauvreté et une baisse significative des revenus et de la consommation des personnes vulnérables pourrait faire basculer des millions d’autres dans la pauvreté.

 

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