Un rapport de l’OMS décrit l’usage des ados européens sur les réseaux sociaux, le tabac et l’alcool

19 mai 2020

Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les comportements en matière de santé des Européens âgés de 11 à 15 ans révèle une augmentation du nombre de jeunes signalant des problèmes de santé mentale.

Selon les résultats d’une étude menée dans 45 pays et publiée mardi par la branche européenne de l’OMS, un adolescent sur quatre dit se sentir nerveux, plus d’un tiers sont des utilisateurs réguliers des réseaux sociaux. Dans le même temps, les ados fument et boivent moins qu’il y a quatre ans.

De façon générale, ce document montre que le bien-être mental des enfants diminue avec l’âge et que les filles sont, par rapport aux garçons, particulièrement exposées au risque d’avoir un mauvais bilan dans ce domaine. « Les garçons sont 41% à se trouver en bonne santé contre 33% pour les adolescentes », ajoute le document de l’OMS.

« Un adolescent sur quatre déclare se sentir nerveux, irritable ou avoir des difficultés à s’endormir au moins 1 fois par semaine », souligne le rapport.

« Le fait qu’un nombre croissant de garçons et de filles de la Région européenne signalent qu’ils sont en mauvaise santé mentale (déprimés, nerveux ou irritables) est une préoccupation pour nous tous », déclare le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.

Le tiers des ados sont des utilisateurs réguliers des réseaux sociaux

Le rapport montre que le bien-être mental varie considérablement d’un pays à l’autre. Cela semble indiquer que des facteurs culturels, politiques et économiques pourraient jouer un rôle en stimulant le bien-être mental. De plus, les adolescents issus de familles à faibles revenus sont généralement plus susceptibles de signaler de multiples problèmes de santé,  comme les migraines et les maux de ventre.

« La manière dont nous réagissons à ce problème d’ampleur croissante aura des répercussions pendant plusieurs générations », relève M. Kluge qui ajoute qu’« investir dans les jeunes (...) permettra un triple bénéfice, avec des retombées sanitaires, socio-économiques pour les adolescents d’aujourd’hui, les adultes de demain et les générations futures ».

La manière dont nous réagissons à ce problème d’ampleur croissante aura des répercussions pendant plusieurs générations - Dr. Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe

Par ailleurs sur les plus de 225.00 adolescents suivis entre 2017 et 2018, le tiers d’entre eux sont considérés comme des utilisateurs réguliers des réseaux sociaux - avec un pic de plus de 60% pour les jeunes filles italiennes de 15 ans. Un adolescent sur dix (10 %) a déclaré avoir eu une communication intensive en ligne avec des personnes connues sur le net et qu’il ne connaissait pas auparavant.

Dans l’ensemble, seul 14% des adolescents préfèrent la communication virtuelle aux discussions en personne. Et plus d’un adolescent sur 10 déclare avoir été victime de cyberintimidation au moins une fois au cours de ces 2 derniers mois.

Outre l’usage d’internet, la consommation d’alcool et de tabac a continué à diminuer chez les adolescents. Le rapport fait état d’une baisse du tabagisme chez les jeunes. Il est en baisse, en recul de quatre points chez les jeunes de 13 ans et de sept points chez ceux de 15 ans depuis 2014. A 11 ans, 5% des garçons et 2% des filles ont déjà fumé, mais ce chiffre passe à 29% des garçons et 27% des filles de 15 ans. Passant de 38% à 35%, la consommation d’alcool des adolescents diminue également depuis 2014.

La consommation d’alcool et de tabac élevée chez les jeunes de 15 ans

Unsplash/Paul Proshin
L'agence des Nations Unies pour la santé, l'OMS, encourage les adolescents à faire plus d'exercice.

Toutefois si le nombre de consommateurs actuels d’alcool et de tabac reste élevé chez les jeunes de 15 ans, l’alcool est la substance la plus couramment consommée. Un jeune de 15 ans sur 5 (20 %) a été en état d’ébriété deux fois ou plus dans sa vie. Et près d’un sur 7 (15 %) a été ivre au cours des 30 derniers jours.

Parmi les autres comportements à risque, les comportements sexuels à risque restent une source de préoccupations. Un adolescent sur quatre ayant des relations sexuelles ne se protège pas. À l’âge de 15 ans, 24% des garçons et 14% des filles ont déjà eu un rapport sexuel.

Par ailleurs sur le plan nutritionnel, environ deux adolescents sur trois ne mangent pas assez d’aliments riches en nutriments et un sur six consomme des boissons sucrées chaque jour. D’une manière générale, les niveaux de surpoids et d’obésité ont augmenté depuis 2014 (1 jeune sur 5), avec des niveaux plus élevés chez les garçons et les jeunes adolescents.

Plus largement, un adolescent sur 20 vit avec au moins un parent qui est au chômage et à la recherche d’un emploi. Les adolescents sont plus susceptibles de vivre avec une mère au chômage (3 %) qu’avec un père (1 %). En outre, plus de 70 % des adolescents vivent avec leur mère et leur père, mais 17 % vivent dans une famille monoparentale dirigée par une mère. Le taux de familles monoparentales dirigées par un père étant de 5 % ou moins dans tous les pays de la région.

Réalisée tous les quatre ans sous l’égide du bureau Europe de l’OMS, l’enquête internationale HBSC (Health behaviour in school-aged children) permet de décrire l’ensemble des comportements de santé des élèves de 11, 13 et 15 ans. La prochaine enquête, qui présentera les résultats de 2021-2022, reflètera l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la vie des jeunes.

 

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