António Guterres se félicite de l'arrestation d'un des fugitifs les plus recherchés au monde

17 mai 2020

Félicien Kabuga, accusé d’avoir été l’un des instigateurs du génocide perpétré au Rwanda en 1994, a été appréhendé samedi à Paris par les autorités françaises. Cette arrestation est le fruit d’une enquête conjointe des services de police et de justice français et du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux (MTPI).

Félicien Kabuga a été inculpé par le Tribunal pénal international des Nations Unies pour le Rwanda en 1997 pour sept chefs d'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité.

« L'arrestation de M. Kabuga envoie un message puissant selon lequel ceux qui sont présumés avoir commis de tels crimes ne peuvent échapper à la justice et seront finalement tenus responsables, même plus d'un quart de siècle plus tard », indique la déclaration publiée par le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric.

En tant que chef du Comité Provisoire du Fonds de défense nationale (« National Defence Fund »), poste qu’il semble avoir occupé du 25 avril au mois de juillet 1994, M. Kabuga aurait aidé à financer le génocide.

Les pensées du Secrétaire général aujourd'hui vont en premier lieu aux victimes des crimes présumés de M. Kabuga - Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU

Il a également été président du Comité d'initiative de la Radio  télévision libre des Milles collines, dont les émissions ont été utilisées par des extrémistes hutus pour inciter à la haine contre les Tutsis et identifier des individus en vue de leur assassinat ultérieur.

« Les pensées du Secrétaire général aujourd'hui vont en premier lieu aux victimes des crimes présumés de M. Kabuga, aux victimes d'autres crimes internationaux graves, et à leurs familles. Mettre fin à l'impunité est essentiel pour la paix, la sécurité et la justice », poursuit le communiqué.

M. Kabuga a été arrêté au cours de ce qui a été décrit comme une opération sophistiquée et coordonnée, avec des recherches simultanées dans plusieurs endroits.

Il devrait être transféré au Mécansime, où il sera jugé.

« Pour la justice internationale, l'arrestation de Kabuga démontre que nous pouvons réussir lorsque nous avons le soutien de la communauté internationale », a déclaré Serge Brammertz, procureur en chef du Mécanisme des Nations Unies.

« Ce résultat est un hommage à l'engagement inébranlable du Conseil e sécurité des Nations Unies, qui a créé le Mécanisme pour poursuivre le processus de responsabilisation au Rwanda et en ex-Yougoslavie », a-t-i l ajouté.

M. Kabuga était recherché par le Mécanisme depuis 2013. Le mécanisme remplit des fonctions essentielles précédemment assurées par le Tribunal international pour le Rwanda, qui a fermé en décembre 2015, et un autre pour l'ex-Yougoslavie, qui a fermé deux ans plus tard.

Le Secrétaire général des Nations Unies a salué la coopération entre le mécanisme onusien et les autorités françaises pour l'arrestation, soulignant la responsabilité de tous les États de coopérer avec le Mécanisme pour localiser et arrêter tout fugitif en fuite.

 

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