La Covid-19 montre le rôle crucial de l'ONU, estime le prochain président de l'Assemblée générale

16 mai 2020

La pandémie de Covid-19 a mis en lumière le « rôle crucial » de l'ONU et de ses agences, selon le diplomate et parlementaire turc qui, en tant que seul candidat à ce poste de haut niveau, est appelé à diriger la 75ème session historique de l'Assemblée générale qui commence en septembre.

L'ambassadeur Volkan Bozkir a exposé ses priorités en tant que président du plus grand forum multilatéral du monde, au cours d'un dialogue interactif virtuel avec les États membres de l'ONU qui s'est tenu vendredi.

« L'épidémie a coïncidé avec le 75ème anniversaire des Nations Unies. C'est un rappel brutal de l'importance d'un multilatéralisme efficace et, en particulier, du rôle crucial de l'ONU et de ses agences », a-t-il déclaré.

Comme le coronavirus ne voit pas les frontières et ne fait pas de discrimination, il a déclaré que la lutte pour le vaincre ne devrait pas entraîner de stigmatisation, d'inégalité ou d'injustice.

« Un monde sans Covid-19 nécessitera le plus grand effort de santé publique et de redressement social du monde entier. Reconstruire en mieux devrait être notre devise », a-t-il ajouté.

Un forum mondial unique

M. Bozkir a salué l'action rapide entreprise jusqu'à présent par les Nations Unies face à la crise, notamment l'adoption de plusieurs résolutions de l'Assemblée générale qui mettent l'accent sur la solidarité et la coopération.

« Je crois sincèrement que l'Assemblée générale, avec sa composition universelle et l'égalité de statut de tous ses membres, ainsi que ses références démocratiques, est la plateforme la plus appropriée pour fournir une orientation politique dans la réponse à la pandémie », a-t-il déclaré.

M. Bozkir, qui a travaillé au service de la diplomatie de la Turquie pendant près de 40 ans, est le seul candidat à la présidence de l'organe qui rassemble les 193 États membres des Nations Unies.

Les besoins des pays africains et leur situation particulière, y compris l'Agenda 2063, continueront à recevoir votre attention - Volkan Bozkir, futur Président de l'Assemblée générale 

Il s'est engagé à œuvrer à la consolidation de la confiance et de la cohésion entre les pays, les principaux groupes des Nations Unies et les organisations internationales, et à faire en sorte que les personnes les plus vulnérables du monde puissent faire entendre leur voix.

Alors que les pays s'engagent dans une décennie d'action pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) d'ici 2030, il a souhaité que la situation des Pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement reste une priorité mondiale absolue.

« Les besoins des pays africains et leur situation particulière, y compris l'Agenda 2063, continueront à recevoir votre attention », a-t-il ajouté, se référant au projet de l'Union africaine de transformer le continent.

« Une autre priorité transversale consiste à améliorer le niveau de vie et les droits des femmes. La participation pleine et égale des femmes dans toutes les sphères de la vie, en renforçant leur statut au sein de la société, est une nécessité absolue dans tous nos efforts ».

En tant que président de l'Assemblée générale des Nations Unies, il sera guidé par l'efficacité, l'efficience, la responsabilité et la non-discrimination.

« La recherche d'un consensus sera l'un des principaux efforts déployés au cours de mon mandat. J'utiliserai, dans la mesure du possible, l'autorité morale et la puissance douce du Président de l’Assemblée générale. J'assurerai la continuité avec le travail des précédents présidents et apporterai des améliorations si nécessaire », a-t-il déclaré.

« L'agenda général de notre Organisation exige une coordination étroite entre les organes de décision des Nations unies. Je vais essayer de combler les lacunes et les doubles emplois en ce qui concerne l'ordre du jour de l'Assemblée générale », a-t-il fait valoir.

Espoir d'un retour à la normale

Selon M. Bozkir, le défi extraordinaire que représente la Covid-19 a entraîné un changement dans les méthodes de travail de l'Assemblée générale des Nations Unies.

L'éloignement physique et les restrictions de séjour signifient que les représentants ne peuvent plus se réunir en personne, y compris pour voter sur les résolutions, qui sont désormais distribuées selon un processus connu sous le nom de « procédure de silence ».

J'espère que nous reviendrons bientôt à un fonctionnement normal de l'Organisation  - Volkan Bozkir, future Président de l'Assemblée générale de l'ONU

Les ambassadeurs disposent d'un délai de 72 heures pour consulter leur capitale. S'ils sont tous d'accord sur une résolution, celle-ci est adoptée. Dans le cas contraire, la résolution n'est pas adoptée car le « silence » a été rompu.

« J'espère que nous reviendrons bientôt à un fonctionnement normal de l'Organisation et que nous pourrons tenir des réunions physiques sans risquer notre santé », a déclaré M. Bozkir.

« Si les conditions ne nous permettent pas de le faire, nous devrions trouver les moyens, y compris l'infrastructure technique, de permettre à l'Assemblée générale et aux autres organes de décision de reprendre pleinement leurs fonctions », a-t-il ajouté.

L'actuel président de l'Assemblée générale, Tijjani Muhammad-Bande du Nigeria, a pris des mesures en vue de la mise en œuvre du vote électronique.

Il a nommé l'ambassadeur Courtenay Rattray de la Jamaïque pour consulter les États membres sur le processus.

 

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