Covid-19 : l’Afrique sur « une courbe ascendante », selon l’OMS

12 mai 2020

L’épidémie du nouveau coronavirus est en nette augmentation en Afrique, a estimé mardi une porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

(Note aux lecteurs : nous utilisons désormais le mot Covid-19 au féminin comme le recommande l’Académie française plutôt qu’au masculin. Covid est l'abréviation du terme anglais «Coronavirus disease» qui se traduit par «maladie du coronavirus». «Maladie» étant un mot féminin la règle est d'employer le féminin quand on utilise le terme Covid)

« L’épidémie est définitivement en hausse dans la région Afrique de l’OMS », a déclaré le Dr Margaret Harris, porte-parole de l’OMS lors d’un point de presse virtuel à Genève.

A la question d’un journaliste sur les prédictions « alarmistes » comparées aux résultats sur le terrain, la Dr Harris indique avoir constaté une augmentation de la maladie.

« Si vous regardez la situation des pays de la région africaine, nous constatons que l’épidémie de Covid-19 est en augmentation et nous voyons une courbe ascendante », a répété la porte-parole de l’OMS.

Cela dit, l’OMS ajoute que certains pays ont fait preuve d’une intervention précoce, y compris des tests et la recherche des contacts qui ont fait « la différence ». Elle a cité le cas de l’Afrique du Sud qui dénombre 10.652 cas dont 206 morts.

En tenant compte des sept pays africains dépendant du Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale (Djibouti, Egypte, Libye, Maroc, Somalie, Soudan et Tunisie), tout le continent africain se retrouve avec 66.119 cas, dont 2.331 décès.

Le continent africain ne compte que 1,6% des cas de Covid-19

L’Egypte reste le plus touché avec 9.746 cas de contamination et 533 décès, suivie du Maroc avec 6.360 cas de contamination et 188 décès. L’Algérie, qui dépend du Bureau Afrique de l’OMS, comptabilise 5.891 cas et 507 décès.

Pourtant le continent ne compte que 1,6% des cas de Covid-19. Les pays africains sont dans l’ensemble peu touchés par la Covid-19. Et la catastrophe sanitaire annoncée n’a pas encore eu lieu. Mais pour l’OMS, les pays africains ont un grand avantage, par rapport à de nombreux pays du reste du monde, qui n’ont pas connu une épidémie de maladie infectieuse.

Le continent africain a une mémoire profonde qui permet de prendre très au sérieux l’avènement d’un nouvel agent pathogène - Dr Margaret Harris, porte-parole de l’OMS

Les pays africains savent « ce que l’épidémie peut faire à la société et aux communautés, et ce qu’il faut faire pour l’arrêter », a analysé la Dr Harris, tout en mettant en avant leur « très bonne infrastructure de traçage des contacts ».

« Le continent africain a une mémoire profonde qui permet de prendre très au sérieux l’avènement d’un nouvel agent pathogène », a-t-elle fait valoir.

Selon la Dr Harris, un pays comme la République démocratique du Congo (RDC) peut faire face à « neuf urgences graves en même temps ». « En ce sens, ils (pays africains) sont donc attentifs pour comprendre ce nouveau monde, si nouveau pour tous les autres », a-t-elle insisté.

Selon un bilan établi ce mardi par l’OMS, la pandémie du nouveau coronavirus a touché plus 4 millions de personnes dans le monde dont au moins 283.153 morts. Avec 1.298.287 cas, les Etats-Unis sont le pays le plus touché avec plus de 78.652 décès. Viennent ensuite le Royaume-Uni avec 32.065 morts, l’Italie avec 30.739 morts, l’Espagne avec 26.744 morts et la France avec 26.600 morts.

Certains traitements semblent limiter la gravité ou la durée de la maladie

Photo : UNFPA/RDC
Une femme enceinte en République démocratique du Congo est soignée par des sages-femmes alors que la pandémie de Covid-19 continue de se propager en Afrique.

 

Par ailleurs, l’agence onusienne a annoncé que les travaux pour développer un vaccin se déroulaient à un rythme très rapide, « plus rapide que jamais dans l’histoire », mais les coronavirus sont un groupe de virus délicats, et la prudence s’impose.

« Nous avons certains traitements qui semblent, selon des études qui n’en sont qu’à leur début, limiter la gravité ou la durée de la maladie mais nous n’avons rien encore qui puisse tuer ou arrêter le virus », a fait valoir la porte-parole de l’OMS.

Mais l’agence onusienne évoque aussi des « données potentiellement positives » concernant certains traitements. « Nous avons certains traitements qui semblent, selon des études qui n’en sont qu’à leur début, limiter la gravité ou la durée de la maladie », a-t-elle précisé, tout en insistant sur l’enjeu d’avoir plus de données.

En attendant, l’OMS rappelle certains de ses fondamentaux adoptés jusqu’ici pour lutter contre la maladie, comme se laver ou se désinfecter les mains fréquemment. « Il n’existe actuellement aucun traitement dont on peut dire avec certitude qu’il peut arrêter et tuer le virus », a souligné la Dr Harris, invitant les pays du monde entier à mettre en œuvre la batterie de mesures, y compris le dépistage, la recherche des contacts, l’isolement et la surveillance de la situation générale.

 

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