L’ONU est mobilisée pour aider les pays vulnérables à affronter la pandémie de Covid-19

11 mai 2020

La Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed, a souligné lundi les efforts du système des Nations Unies pour aider les pays les plus vulnérables à répondre à la pandémie de Covid-19 tout en gardant comme ligne directrice le développement durable.

« Depuis le début de la pandémie, nous avons mobilisé la pleine capacité du système des Nations Unies dans les pays, par le biais de nos 131 équipes de pays, pour aider immédiatement les autorités nationales à élaborer des plans de préparation et d'intervention en matière de santé publique », a souligné Mme Mohammed lors d’une visioconférence organisée par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC).

Elle a pris l’exemple de trois pays où le travail des équipes des Nations Unies a un impact tangible : le Ghana, le Népal et le Cameroun.

Au Cameroun,14 agences onusiennes ont ainsi aidé à développer un plan national de prévention et de réponse pour soutenir les priorités nationales dans la réponse aux besoins sanitaires immédiats.

L'équipe de pays de l’ONU au Cameroun travaille avec le gouvernement pour analyser l'impact de la crise sur l'économie locale et ONU-Femmes est en contact avec des chefs religieux, des organisations de femmes et de jeunes, tout en apportant des fournitures essentielles aux femmes des communautés vulnérables. 

De son côté, l'UNICEF travaille avec les autorités locales pour installer des stations de lavage des mains et fournir des masques faciaux aux groupes vulnérables. Concernant la réponse humanitaire, l'ONU a ajouté 100 millions de dollars à ses opérations en secours pour soutenir la réponse au Covid-19, qui comprend une formation pour les agents de santé communautaires dans les camps de réfugiés.

« Dans l'ensemble de nos réponses, nous avons une boussole claire. Nous restons guidés par le Programme (de développement durable à l’horizon) 2030, l'Accord de Paris sur le changement climatique et le Programme d'action d'Addis-Abeba sur le financement du développement », a souligné la Vice-Secrétaire générale.

Elle a rappelé que les objectifs de développement durable (ODD) restent « essentiels pour guider les pays sur une voie durable ».

« Comme l'a souligné le Secrétaire général, c'est en fait le travail inachevé pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et les investissements inadéquats dans nos priorités en matière d'ODD qui ont rendu tant de pays - sur tous les continents - si vulnérables à cette crise », a déclaré Amina Mohammed.

Selon elle, la priorité immédiate est de répondre aux besoins des pays et des communautés les plus vulnérables qui risquent d'être laissés pour compte.

« L'allocation de nos ressources accordera une attention particulière aux besoins des pays touchés par des conflits ou des catastrophes, des pays les moins avancés, des pays en développement sans littoral et des petits États insulaires en développement », a-t-elle précisé.

Elle a aussi estimé essentiels un nouveau programme d'allégement de la dette pour toutes les formes de dette et des mécanismes complets et plus rapides pour restructurer la dette afin de faciliter la reprise économique et la réalisation des ODD dans les pays en développement.

« Les mesures visant à protéger et à stimuler l'économie, des transferts en espèces aux crédits et prêts, doivent viser les femmes qui constituent la majorité des personnes qui travaillent dans l'économie informelle la plus durement touchée et qui sont à l'avant-garde de la réponse communautaire. Nous devons également veiller à inclure les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées », a dit la Vice-Secrétaire générale.

Elle a également jugé nécessaire de garantir aux migrants, aux déplacés internes et aux réfugiés un accès égal à l'information, aux tests, aux soins de santé, à la nourriture et aux autres services essentiels. Et elle a estimé qu’il fallait respecter les besoins et les droits des peuples autochtones car ils connaissent des taux nettement plus élevés de maladies transmissibles et non transmissibles, un manque d'accès aux services essentiels et une insécurité alimentaire croissante.

Amina Mohammed a également rappelé la nécessité de la lutte contre le changement climatique, de la réduction de la pollution et de l’amélioration de la gestion des déchets et des infrastructures.

 

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