Covid-19 : l’OMS demande aux pays d’enquêter sur d’éventuels cas précoces après celui recensé en France en décembre

5 mai 2020

L’annonce de la détection d’un cas de Covid-19 en France dès le mois de décembre n’est pas étonnant, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a exhorté les autres pays à enquêter sur tout autre cas suspect précoce.

« Concernant les rapports sur un cas précoce de Covid-19 en France, qui remonterait à décembre 2019, il est possible que certaines des personnes infectées de Wuhan aient déjà voyagé en Europe en décembre », a déclaré le porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier, lors d’un point de presse virtuel ce mardi à Genève. « Il est également possible qu’il y ait plus de cas précoces à découvrir », a-t-il ajouté.

Selon l’OMS, 131.287 cas de coronavirus ont été recensés en France dont 24.895 décès. Les trois premiers cas de contamination de Covid-19 dans l’hexagone datent du 24 janvier: un couple de trentenaires chinois originaires de Wuhan et un Bordelais de retour d’un voyage en Chine. Mais selon des informations rapportées par plusieurs médias français, le professeur Yves Cohen, chef du service réanimation des hôpitaux Avicenne à Bobigny, aurait détecté les premières traces de la maladie dès le 27 décembre 2019.

De tels résultats possibles avec un réexamen des premiers échantillons

Avec ses équipes, le professeur Cohen a repris des tests « PCR » (réalisés avec écouvillons, ces tests consistent à effectuer un prélèvement par le nez) réalisés en décembre 2019 et janvier 2020 sur des patients atteints de pneumonie. L’un d’eux, assure-t-il, s’est révélé positif au Covid-19.

Pour l’OMS, cette « découverte française » donne « une toute nouvelle image sur le tout ». « Les résultats aident à mieux comprendre la circulation potentielle du virus de Covid-19 », a indiqué l’agence onusienne, en précisant que d’autres cas antérieurs possibles pourraient sûrement apparaître au cas où des échantillons de patients qui ont été malades en décembre et janvier sont retestés.

L’OMS a encouragé les autres pays à vérifier les registres des cas de fin 2019, affirmant que cela donnerait au monde une « image nouvelle et plus claire » de la pandémie. Etant donné que le premier cas confirmé en Chine a été enregistré le 31 décembre 2019, « il est très probable que les premiers cas se soient déjà produits début décembre ou même en novembre », a fait remarquer M. Lindmeier.

D’après l’OMS, il est possible que « d’autres cas de ce type soient découverts si les pays commencent à tester à nouveau certains des premiers échantillons ». « Ce serait bien si tous les pays qui ont eu des cas de pneumonie non spécifiés au cours des derniers mois, en décembre, et même en novembre, les vérifiaient par rapport au Covid-19 », a précisé M. Lindmeier.

Plus de 240.000 décès dans le monde

Le monde compte désormais plus de 243.401 décès liés au coronavirus pour un total de 3.517.345 cas, dont 144.023 morts en Europe (1.566.684 cas), continent le plus touché, selon les chiffres de l’OMS.

Avec plus de 1.154.985 cas de contamination, les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (61.906), devant l’Italie (29.079), le Royaume-Uni (28.734), l’Espagne (25.428) et la France (25.165).

M. Lindmeier a également souligné qu’il était important d’établir une origine précise du virus, et d’identifier un « intermédiaire » qui aurait pu aider à transmettre le virus d’une chauve-souris à un humain. « Il n’y a pas encore eu de données scientifiques permettant de déterminer si les caillots sanguins ont contribué à la propagation ou à la réémergence du virus »,  a fait remarquer le porte-parole de l’OMS.

Lundi, l’agence onusienne avait qualifié de « spéculatives » les déclarations selon lesquelles le nouveau coronavirus proviendrait d’un laboratoire de la ville chinoise de Wuhan. « Nous n’avons reçu aucune donnée ni de preuve spécifique du gouvernement américain concernant l’origine présumée du virus, donc pour nous cela reste spéculatif », avait déclaré le Dr. Michael Ryan, directeur des programmes d’urgence de l’OMS.

Lors de cette même conférence de presse virtuelle, une autre experte de l’OMS, le Dr. Maria van Kerkhove, avait aussi rappelé que le séquençage du nouveau coronavirus avait permis de déterminer qu’il provenait des chauve-souris et qu’il avait été ensuite probablement transmis à d’autres animaux sauvages vendus sur un marché de viande à Wuhan avant de contaminer l’homme.
 

 

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