Le Covid-19 reste « bien sûr » une urgence sanitaire internationale (OMS)

1 mai 2020

Les experts du Comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont indiqué vendredi que la pandémie de Covid-19 demeurait une urgence sanitaire mondiale.

« Le Comité d’urgence a convenu à l’unanimité que l’épidémie constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale », a affirmé à la presse le Professeur Didier Houssin, président de cette instance de l’OMS rassemblant 15 experts indépendants. « Le Covid-19 n’est pas terminé », a-t-il rappelé.

« Bien sûr, la pandémie de Covid-19 reste une urgence de santé publique de portée internationale », a déclaré, de son côté, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS lors d’une conférence de presse virtuelle le même jour depuis Genève. Le Directeur général a insisté sur l’indépendance du Comité d’urgence composé d’experts internationaux de toutes les régions du monde. Conformément au Règlement sanitaire international de l’agence onusienne, le Dr. Tedros convoquera à nouveau le comité d’urgence dans 90 jours, « ou plus tôt si nécessaire ». Cette même entité avait recommandé fin janvier au Directeur général de l’OMS de déclarer le coronavirus, urgence de santé de portée internationale.

Le Comité soutient le leadership de l’OMS

Le Règlement sanitaire international de l’agence onusienne prévoit une réunion de son Comité d’urgence tous les trois mois pour évaluer à nouveau la situation. Lors de la déclaration d’urgence sanitaire fin janvier, les quelques dizaines de cas de coronavirus venaient de Chine. Entre temps, « un énorme volume de travail a été fait par l’OMS et les gouvernements », a souligné le Professeur Houssin. « Mais les défis restent aussi énormes », a-t-il ajouté. Dans ce combat contre le coronavirus, les spécialistes du Comité d’urgence, qui se sont réunis jeudi, ont formulé des dizaines de recommandations et ont demandé aux Etats de soutenir l’OMS.

Les experts indépendants demandent à tous les États parties de « soutenir le leadership » de l’agence onusienne et de continuer à collaborer avec elle à tous les niveaux et avec d’autres pays pour une réponse efficace au virus. « Documentez et partagez les enseignements tirés des efforts de lutte contre la pandémie, notamment en ce qui concerne le calendrier, le rythme et l’enchaînement de l’application et de la levée des mesures de santé publique », a plaidé le Comité d’urgence.

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 224.172 morts dans le monde, selon un bilan établi vendredi par l’OMS. Près de 3.175.207 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 195 pays et territoires. Avec plus d’un million de cas, les Etats-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (55.337), devant l’Italie (27.967), le Royaume-Uni (26.711), l’Espagne (24.543) et la France (24.342).

Face aux « défis énormes », les experts invitent l’OMS à continuer de diriger et de coordonner la réponse mondiale à la pandémie de Covid-19 en collaboration avec les pays, le système des Nations Unies et d’autres partenaires. « Travaillez avec les États fragiles et les pays vulnérables qui ont besoin d’un soutien technique, logistique et matériel supplémentaire », ont ajouté ces spécialistes.

Chercher à vérifier l’origine animale du virus

Par ailleurs, le Comité invite l’OMS à chercher à vérifier l’origine animale du virus. Aux côtés de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et des pays, l’agence onusienne chargée des questions de santé doit « identifier la source zoonotique du virus et la voie d’introduction dans la population humaine, y compris le rôle éventuel des hôtes intermédiaires ».

Pour y arriver, le Comité mise sur des missions scientifiques et une collaboration sur le terrain, qui permettront des interventions ciblées et un programme de recherche pour « réduire le risque d’événements similaires ». Concernant ces enquêtes sur les origines animales du virus, le Dr. Tedros indique avoir accepté l’avis du Comité pour identifier la source animale du nouveau coronavirus.

Sur un autre plan, l’OMS doit également travailler en étroite collaboration avec l’OIE et la FAO afin de fournir des conseils sur la manière de prévenir dans le futur, les infections du SRAS-CoV-2 (autre nom du virus) chez les animaux et les humains. Un travail qui permettra d’empêcher l’établissement de nouveaux réservoirs zoonotiques.

L’impact du Covid-19 sur des pays aux systèmes de santé « plus faibles »

Les experts du Comité d’urgence ont également élaboré des orientations stratégiques pour le retour progressif à la normale des opérations de transport de passagers d’une manière coordonnée qui assure une protection appropriée lorsque la distance physique n’est pas possible. Ils se sont penchés aussi sur « les mesures de voyage appropriées », en analysant les effets des voyages sur la transmission internationale du virus, tout « en tenant compte de l’équilibre entre les avantages et les conséquences involontaires.

Il s’agit notamment du contrôle à l’entrée et à la sortie, de l’éducation des voyageurs sur le comportement responsable en matière de voyage, de la recherche de cas, la recherche de contacts. L’autre équation concerne l’isolement et la quarantaine. Mais tout ce dispositif doit intégrer les preuves sur le rôle potentiel de la transmission pré-symptomatique et asymptomatique.

Pour l’OMS, les dernières recommandations du Comité d’urgence sont une mise à jour qui permet d’en connaître « davantage sur le virus ». « Comme nous l’avons clairement fait depuis le début, nous continuerons à appeler les pays à mettre en œuvre un ensemble complet de mesures pour trouver, isoler, tester et traiter chaque cas, et retracer chaque contact », a insisté le Dr. Tedros.

Pour le chef de l’OMS, une des leçons à tirer de cette crise est que le Covid-19 a montré que même « les systèmes de santé les plus sophistiqués ont eu du mal à faire face à une pandémie ». L’agence onusienne a également réitéré son inquiétude concernant l’impact potentiel du virus dans les pays en développement. « Le Covid-19 commence à s’accélérer dans les pays dont les systèmes de santé sont plus faibles », a mis en garde le Dr. Tedros.

Vendredi, la Banque européenne d’investissement et l’OMS ont annoncé qu’ils allaient investir dans les infrastructures et le personnel de santé de 10 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. La Commission européenne organisera lundi une conférence des donateurs afin de lever des fonds pour l’investissement dans la recherche de vaccins.

 

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