Manifestations au Liban : l'ONU appelle à la retenue

1 mai 2020

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a fait part de son inquiétude vendredi sur la situation au Liban après de nouveaux heurts entre manifestants et forces de l’ordre.

« Nous sommes profondément préoccupés par le regain de violence qui a éclaté au Liban cette semaine, causant la mort d’un manifestant et blessant des dizaines d’autres civils et des forces de l’ordre, ainsi que d’importants dégâts de biens publics et privés », a déclaré Rupert Colville, porte-parole du HCDH lors d’une conférence de presse virtuelle à Genève.

Depuis plusieurs jours, ce pays du Moyen-Orient connaît un regain de tensions et les manifestants ont relancé leur mobilisation pour dénoncer, en plein ramadan, une inflation galopante et une dépréciation de la livre libanaise. « Après une relative accalmie due à l’apparition de la pandémie Covid-19, les protestations contre la crise économique qui s’aggrave rapidement dans le pays ont repris cette semaine », a ajouté M. Colville.

Certaines de ces manifestations ont rapidement tourné à la violence. Le 26 avril, un manifestant qui avait été touché - apparemment par une balle en caoutchouc - est mort des suites de ses blessures. « Nous avons également reçu des informations selon lesquelles au moins 77 civils ont été blessés entre le 26 et le 30 avril », a précisé le porte-parole du Haut-Commissariat. « Nous savons que les forces armées libanaises (FAL) ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, et que des munitions réelles ont été tirées en l’air. », a ajouté M. Colville qui fait également état d’informations sur des cas de recours à la force excessif par les FAL.

Le défi de la distanciation physique et du droit de participer aux affaires publiques

De leur côté, les FAL ont indiqué qu’au moins 159 de leurs membres ont été blessés, avec 15 d’entre eux dans un état critique. Selon le HCDH, ces chiffres soulignent l’intensité alarmante de la violence. Les manifestants auraient utilisé des gaz lacrymogènes, des bombes à essence, des barres de fer, des bâtons de bois et d’autres armes. 

Le Haut-Commissariat a appelé les manifestants et les forces de sécurité « à faire preuve de la plus grande retenue, à s’abstenir de toute violence contre d’autres personnes et à respecter les biens d’autrui ». « Nous rappelons aux agents des forces de l’ordre qu’ils ont l’obligation de respecter les normes et standards internationaux sur l’usage de la force, en particulier les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité », a fait valoir M. Colville. Le porte-parole a également demandé aux manifestants de ne pas recourir à la violence, et souligne que le droit de réunion pacifique protège les rassemblements non violents.

Bien que certaines mesures telles que l’éloignement physique puissent être justifiées dans le but de contenir la pandémie de Covid-19, les services de la Haut-Commissaire Michelle Bachelet rappellent aux autorités que les gens ont le droit de participer aux affaires publiques, d’exprimer leurs préoccupations et de prendre part à toutes les décisions qui affectent leur vie. En conclusion, le Haut-Commissariat réaffirme son engagement en faveur d’un dialogue inclusif et du développement durable du pays. 

 

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