Au Zimbabwe, alors que le Covid-19 gagne du terrain, la crise de la faim s'aggrave

16 avril 2020

Au Zimbabwe, la crise de la faim provoquée par le changement climatique et la récession s'aggrave alors que le Covid-19 gagne du terrain. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies a besoin de 130 millions de dollars pour soutenir son opération d'urgence jusqu'en août et éviter que des millions de personnes ne sombrent davantage dans la faim.

Selon une récente évaluation nationale, le nombre de Zimbabwéens en situation d'insécurité alimentaire aiguë est passé de 3,8 millions à la fin de l'année dernière à 4,3 millions.

« Alors que la plupart des Zimbabwéens ont déjà du mal à se procurer de la nourriture, la pandémie de Covid-19 risque d'engendrer une situation encore plus désespérée », a déclaré Eddie Rowe, Directeur du PAM au Zimbabwe.

Nous devons tous faire notre possible pour éviter que cette tragédie ne se transforme en catastrophe - Eddie Rowe, Directeur pays du PAM

Ces derniers mois, l'aide du PAM a contribué à réduire la faim dans six des neuf districts classés à la fin de l'année dernière en phase d'insécurité alimentaire « d'urgence », ce qui leur a permis de descendre à un niveau d’insécurité alimentaire inférieur dit « de crise ».

Cependant, 56 des 60 districts du pays sont désormais en phase de crise de la faim. Le PAM soutient les communautés touchées par l'insécurité alimentaire de « crise » et « d'urgence ».

Le PAM prévoit d'aider 4,1 millions de personnes en avril, bien que l'insuffisance des fonds l'empêche d'atteindre ce même objectif mensuel depuis le début de l'année. En mars, 3,7 millions de Zimbabwéens parmi les plus vulnérables ont pu bénéficier de l’assistance du PAM.

Le nombre total de personnes en situation d'insécurité alimentaire s'élève à 7,7 millions, soit plus de la moitié de la population. Les 130 millions de dollars demandés d'urgence par le PAM font partie d'un besoin total de 472 millions de dollars pour le secteur de l'aide alimentaire jusqu'en décembre.

En 2019, la production céréalière était deux fois moins importante que celle de 2018. Elle représentait par ailleurs moins de la moitié des besoins nationaux. Les experts prévoient une récolte encore plus mauvaise pour 2020.

La plupart des denrées alimentaires du Zimbabwe sont produites par des agriculteurs de subsistance dont les récoltes dépendent d’une seule saison des pluies, qui est de moins en moins fiable.

L'hyperflation pèse sur la population

Alors que l’hyperinflation a élevé les prix des denrées de base à un niveau bien supérieur aux moyens de la plupart des Zimbabwéens, des familles de plus en plus désespérées sont obligées de restreindre leur quantité de nourriture, de vendre leurs biens précieux et de s’endetter.

Le Covid-19 menace d'exacerber les graves crises économique et alimentaire qui frappent déjà le Zimbabwe, en affectant considérablement la vie des habitants des zones urbaines et rurales.

Le PAM a un rôle essentiel à jouer, en poursuivant notamment son programme d'aide alimentaire à grande échelle. Il doit être en mesure de le mettre pleinement en œuvre tout en soutenant la réponse du pays à la pandémie.

L'agence onusienne prépositionne actuellement trois mois d'aide alimentaire. Il met également en place des nouvelles mesures de contrôle des risques lors des distributions, en évitant la surpopulation grâce à davantage de distributions, en encourageant la population à se laver les mains et en instaurant la distanciation sociale. Enfin, une campagne de communication vient d’être lancée pour transmettre des informations essentielles sur la santé et la sécurité.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Neuf façons dont les équipes de l'ONU dans le monde entier luttent contre le Covid-19

Un effort mondial est nécessaire maintenant et dans les mois à venir, pour lutter contre le coronavirus, estiment les Nations Unies. L’ONU démontre comment la coopération dans toutes les régions du monde contribue à atténuer les effets du virus sur les plus vulnérables.