Le Covid-19 n’a pas atteint son pic mondial malgré la baisse des nouveaux cas en Espagne et en Italie (OMS)

14 avril 2020

Malgré un léger ralentissement dans les pays européens les plus touchés, la pandémie de Covid-19 n’a pas encore atteint son pic mondial, en raison notamment de la hausse des cas dans d’autres pays, a averti mardi à Genève l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

« L’épidémie de Covid-19 en Europe a donné lieu à un tableau contrasté, certains pays comme l’Italie et l’Espagne ralentissant, et d’autres accélérant, comme la Turquie », a déclaré lors d’une conférence virtuelle, Margaret Harris, porte-parole de l’OMS

Au niveau mondial, 90% des cas proviendraient d’Europe et des États-Unis, et le pic n’aurait pas encore été atteint.

Mme Harris a souligné les difficultés liées à la publication des données épidémiologiques, notamment le nombre de cas par pays, la taille de la population et l’intensité des tests. Une situation qui pourrait - dans certains pays - expliquer l’augmentation du nombre de cas. 

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 113.675 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine.

Plus de 1.812.734 cas ont été diagnostiqués dans 193 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Avec 21.972 décès pour plus de 553.822 cas, les Etats-Unis sont le pays le plus touché, suivis de l’Espagne (166.019 cas et 16.972 décès) et de l’Italie (156.363 cas et 19.901 décès).

Guide détaillé en six étapes sur les mesures de déconfinement

Avec 83.696 cas et 3.351 morts, la plus grande menace à l’heure actuelle en Chine relève « des cas importés, qui représentent 90% des infections identifiées la veille ».

Interrogée sur le fait de savoir si la Russie verrait l’explosion des cas comme les États-Unis, Mme Harris a souligné qu’aucun pays n’était semblable et que beaucoup de choses étaient entre les mains des gouvernements et de la population.

Plus largement, la porte-parole de l’OMS a déclaré que si l’élément central de la politique de l’OMS était de « tester, tester, tester », la mise en œuvre de cette politique relevait toutefois des autorités nationales.

Mme Harris a ajouté que les tests de dépistage des anticorps peuvent confirmer si une personne a été infectée, mais ils ne garantissent pas l’immunité et la protection contre la seconde infection.

« À ce stade, aucun des tests d’anticorps n’a été préqualifié », a-t-elle ajouté.

Les tests de dépistage des anticorps peuvent confirmer si une personne a été infectée, mais ils ne garantissent pas l’immunité et la protection contre la seconde infection 

« En ce qui concerne la guérison puis la réinfection par le virus, nous n’avons pas de réponses. Il y a une inconnue », avait dit aussi lundi lors d’une conférence de presse à Genève, Mike Ryan, Directeur du programme de l’OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire.

A la question d’une journaliste sur la fiabilité des tests et le fait que de nombreux décès au Mexique seraient « dus à une pneumonie atypique »,  Mme Harris a réitéré que le test était la référence qui permettait de trouver les personnes porteuses du virus.

« La mise en quarantaine de communautés entières permet simplement de gagner du temps pour les systèmes de santé », a-t-elle ajouté, tout en estimant essentiel de trouver et d’isoler les personnes infectées afin que les communautés puissent reprendre leur vie et leurs activités. 

L'OMS devait publier, plus tard dans la journée, un guide détaillé en six étapes sur la levée des mesures de confinement. 

S’agissant du processus de développement du vaccin, qui nécessite des essais de sécurité sur l’homme,  Mme Harris a souligné que personne ne pouvait donner une date précise maintenant et qu’un vaccin n’était probablement pas réaliste avant au moins 12 mois.

 

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