Covid-19 : Guterres appelle le Conseil de sécurité à l’unité pour affronter les menaces sur la paix

9 avril 2020

Face aux risques de troubles sociaux et de violence dans le monde en raison du Covid-19, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé jeudi le Conseil de sécurité à afficher son unité et sa détermination à affronter l’impact de la pandémie sur la paix et la sécurité internationales.

« La pandémie fait peser une menace importante sur le maintien de la paix et de la sécurité internationales, ce qui pourrait entraîner une augmentation des troubles sociaux et de la violence, ce qui compromettrait considérablement notre capacité de lutter contre la maladie », a dit M. Guterres aux quinze membres du Conseil, lors d’une exposé par visioconférence à huis-clos.

Dans ce contexte, « l'engagement du Conseil de sécurité sera essentiel pour atténuer les implications pour la paix et la sécurité de la pandémie de Covid-19 », a-t-il ajouté. « En effet, un signal d'unité et de détermination de la part du Conseil compterait beaucoup en cette période anxiogène ».

Le Secrétaire général a rappelé le rôle crucial que le Conseil de sécurité a joué dans l’organisation de la riposte de la communauté internationale aux conséquences sécuritaires de la crise du VIH/sida et de l’épidémie d’Ebola.

« Pour lutter contre la pandémie aujourd'hui, nous devrons travailler ensemble. Cela signifie une solidarité accrue », a-t-il dit. « Et cela signifie avoir les ressources nécessaires. La situation financière de l'Organisation des Nations Unies reste périlleuse et nous n'avons assez de liquidités que pour financer les opérations de maintien de la paix jusqu'à la fin de juin et nous n'avons pas la capacité de payer les pays qui fournissent des contingents et des forces de police ».

Huit risques à surveiller

Selon le Secrétaire général, la pandémie fait peser huit risques sur le monde :

  • La pandémie de Covid-19 menace de saper davantage la confiance dans les institutions publiques.
  • Les retombées économiques de cette crise pourraient créer des facteurs majeurs de stress, en particulier dans les sociétés fragiles, les pays moins développés et les pays en transition.
  • Le report d'élections ou de référendums, ou la décision de procéder à un vote - même avec des mesures d'atténuation - peuvent créer des tensions politiques et saper la légitimité.
  • Dans certains contextes de conflit, l'incertitude créée par la pandémie peut inciter certains acteurs à attiser de nouvelles divisions et nouveaux troubles.
  • La menace du terrorisme demeure réelle. Les groupes terroristes peuvent voir une fenêtre d'opportunité pour frapper tandis que l'attention de la plupart des gouvernements est tournée vers la pandémie.
  • Les faiblesses et le manque de préparation exposés par cette pandémie montrent comment une attaque bioterroriste pourrait se dérouler. Les groupes non étatiques pourraient avoir accès à des souches virulentes qui pourraient causer un ravage similaire aux sociétés du monde entier.
  • La crise entrave les efforts internationaux, régionaux et nationaux de résolution des conflits, exactement au moment où ils sont le plus nécessaire.
  • La pandémie déclenche ou aggrave divers problèmes liés aux droits de l'homme. On assiste à la stigmatisation, à des discours de haine et à des suprémacistes blancs et à d'autres extrémistes qui cherchent à exploiter la situation.

Le Secrétaire général a rappelé qu’il avait lancé le 23 mars un appel à un cessez-le-feu mondial.

Il a noté que de l'Amérique du Sud à l'Afrique et du Moyen-Orient à l'Asie, « nous avons vu des belligérants prendre des mesures préliminaires pour mettre fin à la violence et combattre la pandémie ». « Néanmoins, nous devons rester prudents, car tout gain est fragile et facilement réversible », a-t-il ajouté.

Le chef de l’ONU a indiqué que ses représentants spéciaux et envoyés continueraient d’être en contact avec les belligérants pour veiller à ce que les cessez-le-feu soient respectés et qu'ils ouvrent la voie à des solutions politiques durables.

S’agissant du Yémen, il s’est félicité du cessez-le-feu unilatéral annoncé par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite et a appelé les rebelles houthis à respecter leur engagement de cesser immédiatement les hostilités.

M. Guterres a ajouté que les missions de paix de l’ONU continuaient également d'aider les gouvernements hôtes de différentes manières face à la pandémie, de la distribution de matériel médical à la facilitation de l'acheminement de l'aide humanitaire à l'appui à la planification nationale pour contenir le coronavirus.

Il a pris l’exemple de la République démocratique du Congo, où la MONUSCO a déployé des bases temporaires pour protéger les populations vulnérables touchées par la violence intercommunautaire.

S’agissant du Plan mondial de réponse humanitaire au Covid-19 lancé il y a deux semaines pour aider les pays vulnérables, le Secrétaire général a noté avec satisfaction que le Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies avait alloué 75 millions de dollars et que le Plan avait déjà reçu plus de 396 millions de dollars.

 

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