Au Soudan, l'ONU s'efforce d'assurer la continuité de l'aide sur fond de Covid-19

3 avril 2020

Les mesures visant à empêcher la propagation du Covid-19 au Soudan ont un impact sur l’accès, les livraisons et les services humanitaires, a annoncé ce vendredi à Genève le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH/OCHA). 

Parmi ces mesures, figurent un couvre-feu de 18 heures à 6 heures du matin, la fermeture des écoles pendant un mois à partir de la mi-mars et une réduction du personnel dans certains bureaux clés du gouvernement.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Soudan enregistre huit cas de Covid-19, dont deux décès. « Ce sont tous des cas importés de l’étranger qui reçoivent un traitement médical dans des centres d’isolement à Khartoum », a précisé Jens Laerke, porte-parole du BCAH lors d’un point de presse virtuel à Genève.  

Selon l’ONU, le Soudan compte plus de 9 millions de personnes qui ont besoin d’aide, dont près de 3 millions de réfugiés et de déplacés internes.

Les Nations Unies et les ONG partenaires mettent actuellement en place des plans alternatifs pour assurer la continuité de l’aide humanitaire essentielle et pour réduire l’impact sur les personnes déjà vulnérables.

Dans l’État du Nil Bleu, les organisations humanitaires ont d’ailleurs élaboré des plans visant à renforcer les connaissances et les compétences du personnel de santé pour faire face à la pandémie mondiale. Elles vont également sensibiliser la communauté à l’auto-prévention et surveiller les arrivées aux points d’entrée dans l’État du Nil Bleu pour aider à identifier et à isoler les cas suspects.  

Nouveau dispositif de distribution de vivres pour limiter le risque de propagation du virus

Au sud du Darfour, le ministère de la santé de l’État a identifié deux centres d’isolement et s’est procuré des détecteurs thermiques et des équipements de protection. Des campagnes de sensibilisation sont en cours au Darfour-Sud avec l’impression d’affiches et de messages pour la radio et la télévision.

De plus, les partenaires de l’ONU prévoient d’organiser au cours de ce mois d’avril une distribution de vivres.

Selon le BCAH, ces rations alimentaires initialement prévues pour 2 ou 3 mois seront finalement distribuées à l’avance et en une seule fois. « Cela permettra de limiter la fréquence des rassemblements de personnes et le risque de propagation du coronavirus qui y est associé », a ajouté Jens Laerke.

Pour réduire également les risques éventuels d’exposition des enfants mal nourris, il y aura une augmentation de l’offre d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi. Cela réduira la fréquence des visites du personnel de santé dans les centres de nutrition. 

Par ailleurs, de nouvelles directives et procédures sont également en cours d’élaboration pour s’assurer que les agents de santé puissent continuer à administrer des vaccins, des suppléments nutritionnels et maintenir les programmes d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants. Toutefois, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a averti que les couvre-feux et le confinement rendront les femmes plus vulnérables à la violence sexiste et aux abus domestiques.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Des millions de personnes en crise ont toujours besoin de l’aide de l’ONU en pleine pandémie de COVID-19

Plus de 100 millions de personnes dans le monde entier dépendent de l’aide vitale des agences des Nations Unies et continueront d’en avoir besoin alors que le COVID-19 poursuit sa propagation dans le monde, a déclaré mardi un porte-parole du Bureau de la coordination humanitaire des Nations Unies (BCAH).