Soutiens à un cessez-le-feu mondial : les mots doivent être traduits en actes, déclare le chef de l’ONU

3 avril 2020

Dix jours après avoir lancé un appel à un cessez-le-feu mondial immédiat pour se focaliser sur la lutte contre la pandémie de Covid-19, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est félicité vendredi que des belligérants dans plusieurs zones de conflit aient entendu cet appel mais a estimé que ces mots devaient se traduire en actes.

« L'appel à un cessez-le-feu mondial résonne dans le monde entier. L'appel a été approuvé par un nombre croissant d'États membres, quelques 70 à ce jour, par des partenaires régionaux, des acteurs non étatiques, des réseaux et organisations de la société civile et par tous les Messagers de la paix des Nations Unies et Défenseurs des objectifs de développement durable », a noté M. Guterres lors d’une conférence de presse virtuelle pour présenter une mise à jour sur l’impact de cet appel à un cessez-le-feu.

« Des chefs religieux - y compris le pape François - ont ajouté leur voix morale en faveur d'un cessez-le-feu mondial, tout comme des citoyens à travers une mobilisation populaire en ligne », a-t-il ajouté.

Le chef de l’ONU a surtout noté qu’un nombre important de belligérants ont entendu l'appel, notamment au Cameroun, en République centrafricaine, en Colombie, en Libye, au Myanmar, aux Philippines, au Soudan du Sud, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen.

Mais le Secrétaire général a admis qu’il y avait « une énorme distance entre les déclarations et les actes ».

« Les difficultés de mise en œuvre sont énormes, car les conflits se sont multipliés depuis des années, la méfiance est profonde », a-t-il ajouté. « Nous savons que tout gain initial est fragile et facilement réversible ».

Photo ONU/Loey Felipe
Conférence de presse virtuelle du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, pour faire le point sur son appel à un cessez-le-feu mondial.

Des conflits se sont intensifiés

Le chef de l’ONU a noté que dans bon nombre des situations les plus critiques, aucune interruption des combats n’a été constatée et certains conflits se sont même intensifiés.

Dans ce contexte, le Secrétaire général juge nécessaire de solides efforts diplomatiques pour relever ces défis. « Pour faire taire les armes, nous devons élever les voix pour la paix », a-t-il dit.

Il a précisé que ses Représentants spéciaux et Envoyés spéciaux, et dans certaines circonstances, les Coordonnateurs résidents, sont en contact avec des belligérants pour obtenir un cessez-le-feu sur le terrain.

Il a pris pour exemple les efforts diplomatiques faits au Yémen, en Syrie, en Libye et en Afghanistan.

« Dans toutes ces circonstances extrêmement difficiles, je lance un appel spécial à tous les pays qui ont une influence sur les belligérants pour qu’ils fassent tout leur possible pour que le cessez-le-feu devienne réalité », a conclu le Secrétaire général. « J'appelle tous ceux qui peuvent faire la différence à faire la différence : exhorter et faire pression sur les combattants du monde entier pour qu'ils déposent leurs armes ». 

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Lutte contre le Covid-19 : les Casques bleus ont un rôle à jouer, souligne l’ONU

La pandémie de Covid-19 se développe aussi dans des pays ravagés par des conflits armés, a rappelé jeudi le chef des opérations de paix de l’ONU. Dans une tribune publiée dans le journal français Le Monde, Jean-Pierre Lacroix souligne le rôle que peuvent jouer les Casques bleus en coopération avec les Etats face au coronavirus.