L’espace Schengen en Europe : un anniversaire sur fond de fermeture de frontières

27 mars 2020

Il y a 25 ans, les contrôles frontières étaient abolis, permettant la libre circulation des personnes entre sept pays européens lors de l’entrée en vigueur de l’accord Schengen.  Cet « espace » réunit aujourd’hui 26 pays européens, rappelle le Centre d'information des Nations Unies pour l'Europe.

Suite à la pandémie du Covid-19, plusieurs pays ont décidé de réintroduire de manière temporaire des contrôles à leurs frontières internes pour limiter la propagation du virus.

L’Espagne et la Hongrie ont fermé leurs frontières terrestres. La Pologne a prolongé mercredi la fermeture de ses frontières jusqu’au 13 avril. La Turquie a fermé ses frontières avec la Grèce et la Bulgarie.

L’Allemagne effectue des contrôles aux frontières avec plusieurs pays – dont la France qui lui applique les mêmes mesures. Elle interdit d’entrée des travailleurs saisonniers étrangers. En revanche, les frontières allemandes restent ouvertes avec la Belgique.

La République tchèque, Chypre, le Danemark, la Lituanie, la Roumanie et la Slovaquie ont fermé leurs frontières aux étrangers (la Slovaquie accepte les Polonais). La Russie a fermé ses frontières terrestres avec la Norvège et la Pologne. L’Autriche a fermé sa frontière terrestre avec l’Italie et la Suisse.

Fermer en « dernier recours »

Le 26 mars 1995, l’accord de Schengen était signé par la Belgique, l’Allemagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Espagne et le Portugal. Aujourd’hui 22 pays membres de l’Union européenne et quatre États associés, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse et l’Islande, font partie de « l’espace Schengen ».

Alors que, pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, certains pays membres ont décidé de restreindre les pas sages au sein de cet espace, la Commission européenne estime que cette décision ne doit être prise qu’en « dernier recours».

Faisons-en sorte que les biens et les services essentiels continuent à circuler dans notre marché intérieur - Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne

L’Union européenne a décidé, sauf exception, le 17 mars de limiter l’accès à ses frontières extérieures.

L’UE a aussi adopté des mesures pour garantir le traitement adéquat des personnes qui doivent voyager et la disponibilité des biens et des services essentiels.

« Nous devons prendre des mesures exceptionnelles pour protéger la santé de nos citoyens. Mais faisons-en sorte que les biens et les services essentiels continuent à circuler dans notre marché intérieur », a souligné la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Lors du Conseil européen qui s’est tenu jeudi 26 mars, le président français Emmanuel Macron a prévenu que les fondements de l’Union européenne sont en péril. Selon lui, le principe même de l’espace de libre-circulation né des accords de Schengen est menacé si les Européens prennent des mesures de fermeture non coordonnées des frontières intérieures.

De son côté, le Secrétaire général de l’ONU António Guterres a souligné l’importance de la solidarité pendant ces temps extraordinaires.

« Les restrictions sur les voyages sont bien comprises parce qu’il faut limiter la propagation du virus. En même temps, il est nécessaire d’avoir la solidarité et de lutter contre les fausses nouvelles et des campagnes sur les réseaux sociaux qui visent à propager la peur et de semer la division », a-t-il déclaré.

L’ONU en Europe

Face à l’épidémie de coronavirus, la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (UNECE) se mobilise, prend ses responsabilités sur l’application des textes pour atténuer l’impact de la crise sur l’activité des entreprises de la région paneuropéenne et de l’Amérique du Nord.

« On est en train de voir comment aider les pays à faire face dans plusieurs domaines, notamment le transport, dans les procédures de franchissement de frontières, au vu des fermetures ici et là », a fait valoir cette semaine le porte-parole de l'UNECE, Jean Rodriguez.

On est en train de voir comment aider les pays à faire face dans plusieurs domaines, notamment le transport - Jean Rodriguez, porte-parole de l'UNECE

Avec la problématique « de la fermeture de certaines frontières par certains pays », l’urgence pour la Commission économique régionale onusienne est la continuité des transports et des échanges de marchandises entre les différents pays. Un devoir pour cette agence onusienne, « dépositaire » de nombreux accords internationaux sur le transport de marchandises, notamment celui des biens dangereux tels que les produits chimiques, le carburant ou les explosifs.

L'UNECE a rappelé à ses Etats membres leurs obligations vis-à-vis de l’Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (ADR). Avec ce dispositif, « qui est crucial pour de nombreux pays », un accord vient ainsi d’être trouvé pour prolonger la validité des permis des chauffeurs.

L’objectif majeur de l'UNECE est de promouvoir l’intégration économique paneuropéenne. Pour ce faire, elle rassemble 56 pays de l’Union européenne (UE), d’Europe de l’Ouest et de l’Est hors UE, d’Europe du Sud-Est, de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et de l’Amérique du Nord.

A noter qu'outre la présence des Offices des Nations Unies à Genève et Vienne, ainsi que de plusieurs agences humanitaires des Nations Unies (OMS, HCR, OIM, UPU, etc...) en Suisse , l'ONU dispose de plusieurs autres organisations et bureaux  en Europe et dans l'Union européenne, notamment l'UNESCO à Paris et la FAO et le PAM à Rome. 

 

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