Coronavirus : la CNUCED plaide pour la poursuite du fret maritime et l’ouverture des ports

25 mars 2020

Face à la pandémie du nouveau coronavirus, la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) plaide pour le maintien des flux de navires, l’ouverture des ports et la fluidité du commerce transfrontalier.

« Alors que le monde lutte contre la pandémie de Covid-19, le transport maritime joue un rôle essentiel dans la réponse », a déclaré ce mercredi Mukhisa Kituyi, Secrétaire général de la CNUCED, tout en ajoutant que l’accès des navires de commerce aux ports du monde entier et le changement d’équipage ne devraient pas rester « lettre morte ».

Un tel maintien en cette période de crise mondiale permettrait, selon la CNUCED, de maintenir les chaînes d’approvisionnement.

« Cela signifie qu’il faut maintenir les ports du monde ouverts aux escales des navires et à la circulation des équipages avec le moins d’obstacles possible. Le transit doit également être facilité », relève M. Kituyi qui souligne que « les pays enclavés doivent avoir accès aux denrées alimentaires et aux fournitures médicales par les ports maritimes des pays voisins ».

80% du commerce mondial transporté par le fret maritime commercial

Le secteur du transport maritime subit de plein fouet les conséquences de la pandémie du nouveau coronavirus, compliquant notamment l’acheminement des marchandises. Or selon la CNUCED, les restrictions au commerce et au transport transfrontalier peuvent interrompre l’aide et le soutien technique nécessaires. Elles pourraient perturber les entreprises et avoir des effets sociaux et économiques négatifs sur les pays touchés.

De façon générale, la marine marchande est en effet un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement de nombreux produits du quotidien vendus dans les supermarchés, pris d’assaut ces dernières semaines en Europe par des clients paniqués par la pandémie de Covid-19 et le confinement.

Selon les statistiques de la CNUCED, environ 80% du commerce mondial est transporté par le transport maritime commercial.

Ces marchandises vont des matières premières telles que le charbon et le minerai de fer, le pétrole, le gaz transportés en vrac, aux produits manufacturés intermédiaires et finis transportés en conteneurs.

Face à la pandémie actuelle, les mouvements transfrontaliers de biens de secours tels que les denrées alimentaires et les fournitures médicales vont naturellement augmenter de manière spectaculaire. « Il s’agit d’articles nécessaires au maintien de nombreux emplois dans le secteur manufacturier, sans lesquels la société moderne ne peut pas fonctionner », insiste l’agence onusienne.

L’appel de la CNUCED aux dirigeants du G20

Pour garantir que les biens vitaux parviennent aux consommateurs et aux hôpitaux des pays de destination, la CNUCED plaide pour plus de coordination à l’échelle mondiale afin que les biens indispensables parviennent aux populations des pays côtiers et enclavés.

Lors du sommet extraordinaire des dirigeants du G20 sur la pandémie de Covid-19, qui se réunit cette semaine, l’agence onusienne estime que les dirigeants du monde entier devraient se rallier à l’appel lancé par le secteur du transport maritime.

L’objectif est de maintenir le commerce maritime en permettant un accès continu aux ports du monde entier et le changement rapide des équipages des navires.

« Toutes les solutions technologiques disponibles pour faciliter le commerce et le transport devraient être utilisées pour réduire la charge que représente Covid-19 pour le commerce maritime et transfrontalier », a fait valoir la CNUCED qui ajoute que le monde ne peut pas se « permettre d’aggraver le défi sanitaire et économique auquel nous sommes confrontés».

Aide aux marins et aux opérateurs portuaires

Par ailleurs, les configurations propres des flux du transport maritime ont un impact grave pour les équipages. Car sans le cadre de l’épidémie actuelle, les marins ont fait l’objet de contrôles et d’une surveillance accrus dans différents ports.

Selon la CNUCED, de nombreux États portuaires ont imposé des réglementations locales, des restrictions de voyage et de quarantaine, empêchant le libre accès aux marins. Certains opérateurs ont suspendu les changements d’équipage à bord des navires afin de réduire leurs interactions sociales. Quelque 100.000 membres d’équipage doivent changer d’équipe chaque mois. 

L’agence onusienne rappelle donc l’impératif d’assurer la sécurité du secteur portuaire européen et de garantir la santé des travailleurs. En attendant, des travailleurs portuaires sont confrontés au danger de contracter le Covid-19, et de nombreux ports ne sont pas prêts si une masse critique de travailleurs tombe malade.

Dans plusieurs ports, en particulier dans les régions durement touchées comme l’Europe, les marchandises en transit sont déjà affectées et les médicaments et équipements essentiels sont bloqués. « Sans ports opérationnels, les cargaisons, y compris celles contenant des fournitures vitales, ne peuvent pas être transportées là où elles sont nécessaires », met en garde la CNUCED.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

La croissance mondiale menacée par l’épidémie de coronavirus, la CNUCED envisage une crise coûteuse

La crise sanitaire provoquée par l’épidémie de coronavirus Covid-19 dans le monde pourrait avoir de graves répercussions économiques, avec un manque à gagner mondial s’élevant à 2.000 milliards de dollars, dont 220 milliards pour les pays en développement, selon un des scénarios pessimistes présenté lundi par la CNUCED à Genève.