Nicaragua : deux années de crise socio-politique obligent plus de 100.000 personnes à fuir (HCR)

10 mars 2020

Près de deux ans après que le pays a été plongé dans une grave crise socio-politique, plus de 100.000 personnes ont fui le Nicaragua. Une quête d’exile à l’étranger pour échapper aux persécutions et violations des droits de l’homme signalées dans le pays.

Au total, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a enregistré exactement 103.600 réfugiés et demandeurs d’asile nicaraguayens dans le monde. Pour tous ces réfugiés, la principale destination reste le Costa Rica voisin. San José accueille les deux tiers de tous les réfugiés et demandeurs d’asile nicaraguayens, soit quelque 77.000 personnes.

Les étudiants, les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les agriculteurs nicaraguayens continuent de fuir leur pays, à un rythme moyen de 4.000 personnes chaque mois

La seconde étape pour la plupart des requérants d’asile nicaraguayens est le Panama, avec un peu plus de 8.000 réfugiés. Environ 9.000 autres s’exilent vers l’Europe, tandis que le Mexique abrite quelque 3.600 personnes. En outre, 5.100 personnes sont accueillies dans d’autres pays.

L’Agence onusienne pour les réfugiés s’attend à une poursuite de ces flux de réfugiés. Car même après la fin de la flambée de violence initiale d’avril 2018, les étudiants, les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les agriculteurs nicaraguayens continuent de fuir leur pays, à un rythme moyen de 4.000 personnes chaque mois.

« Aucune résolution de la crise interne n’étant en vue, nous nous attendons à ce que ces chiffres augmentent », a précisé Shabia Mantoo, porte-parole du HCR lors d’un point de presse ce mardi à Genève.

Le Costa Rica rationalise les procédures de détermination du statut de réfugié

Depuis octobre 2019, le Costa Rica, avec le soutien du HCR, a rationalisé les procédures de détermination du statut de réfugié pour les profils communs des personnes connues pour être persécutées au Nicaragua. Cette mesure réduit le temps nécessaire pour que les personnes soient reconnues comme réfugiés en leur accordant ainsi une protection.

Par ailleurs, le Costa Rica a également permis à 6.000 demandeurs d’asile parmi les plus vulnérables d’avoir accès au système de santé public. Il s’agit notamment de personnes souffrant de maladies chroniques ou de handicaps, de personnes nécessitant une intervention chirurgicale, de survivants de la torture et de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

De façon générale, le HCR coordonne avec les autorités gouvernementales et d’autres agences des Nations Unies pour surveiller les mouvements transfrontaliers en Amérique centrale.

Dans le cadre de ce dispositif régional global de réponse aux réfugiés pour relever les défis du déplacement forcé en Amérique centrale, l’agence onusienne répond ainsi aux besoins de protection et humanitaires des réfugiés nicaraguayens. Cela comprend également la fourniture de soins de santé, de soutien psychologique, d’abris et d’aide alimentaire.

 

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