Les droits des femmes sont indissociables des droits humains et du développement durable, rappelle l’ONU

9 mars 2020

A l'ouverture de la 64e session de la Commission de la condition de la femme (CSW64) lundi, l’ONU a appelé à concrétiser les engagements pris à Beijing, il y a 25 ans, pour parvenir à l’égalité des sexes et réaliser l’autonomisation des femmes.

La réunion d’ouverture a eu lieu au siège des Nations Unies, à New York. La Commission a dû, toutefois, reporter le reste des travaux de la session, qui devait durer initialement 11 jours, en raison de l’épidémie de coronavirus.

« Nous vivons dans un monde dominé par les hommes avec une culture dominée par les hommes et nous avons fait ainsi depuis des millénaires », a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à l’ouverture de la CSW 64. « Cela doit tout simplement changer », a-t-il ajouté.

La CSW 64 a lieu 25 ans après la Conférence mondiale sur les femmes qui a été organisée du 4 au 15 septembre 1995, à Beijing, la capitale de la Chine. A l’issue de cette conférence, deux documents – la Déclaration et le Programme d'action de Beijing – ont été adoptés pour réaliser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, partout dans le monde.

Vingt-cinq ans après la conférence de Beijing, M. Guterres a appelé les Etats à accélérer la mise en œuvre « complète et efficace » du Programme d’action décidé à l’époque.

« La vision de Beijing n’a été que partiellement réalisée », a déclaré le Secrétaire général, rappelant que les femmes sont toujours sous-représentées dans les parlements et que les inégalités de salaire hommes/femmes persistent.

Certains Etats ont également fait un bond en arrière en matière de politiques de lutte contre les violences faites aux femmes, a déploré M. Guterres, constant par ailleurs que la santé sexuelle et reproductive est loin d’être universelle. « Nous devons repousser ce recul », a-t-il dit.

« 25 ans après Beijing, nous reconnaissons tous que les progrès en matière de droits des femmes ne sont pas allés assez loin ni assez vite », a pour sa part declaré Phumzile Mlambo-Ngcuka, la Directrice exécutive d'ONU Femmes. « Nous sommes en 2020, mais aucun pays n’a atteint l’égalité des sexes et les femmes continuent de n’avoir qu’un quart de l’espace aux tables du pouvoir », a-t-elle rappelé.

« Le changement a été lent pour la plupart des femmes et des filles dans le monde et, à cet effet, la société dans son ensemble est en déclin », a pour sa part déclaré le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Tijjani Muhammad-Bande. « Aucun pays ne peut prétendre avoir atteint l'égalité des sexes ».

L’égalité des sexes au cœur du développement durable

M.M. Guterres et Muhammad-Bande ont rappelé que l’égalité des sexes est au cœur de la réalisation des Objectifs de développement durable fixée pour 2030.

« Ne vous y trompez pas : il est essentiel que nous intégrions l'égalité des sexes dans tout notre travail si nous voulons atteindre chacun des ODD », a dit le Président de l’Assemblée générale. « Nous ne pouvons tout simplement pas exclure 50% de la population. Il est de la responsabilité de chacun de respecter notre engagement de ne laisser personne de côté », a-t-il ajouté.

M. Guterres a appelé à construire des alliances et à rester mobilisés pour les droits des femmes, soulignant que le Forum « Génération Égalité » - co-organisé par ONU Femmes, la France et le Mexique cette année - sera l’occasion d’obtenir des résultats concrets en matière d’égalité des sexes alors qu’a débuté la Décennie d’action pour les ODD (2020-2030).

Pour le chef de l’ONU, la vision du Forum « Génération Égalité » est claire : la participation égale des femmes et des filles à la vie politique et aux prises de décision dans tous les domaines de la vie.

« Cette Commission est l’occasion de dynamiser davantage l’élan en faveur de l’égalité des sexes et des droits des femmes qui s’est amplifié dans le monde entier », a dit M. Guterres. « Envoyons un message clair au monde que les droits des femmes sont des droits humains et que l’égalité des sexes est au cœur de tous les objectifs de développement durable », a-t-il conclu.

Les Etats membres réunis lors de cette CSW 64 ont adopté une déclaration politique dans laquelle ils réaffirment leur volonté politique d'agir en faveur des droits des femmes et de l’égalité des sexes. Ils reconnaissent également que de nouveaux défis sont apparus et que ces derniers requièrent des efforts accrus.

 

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