Frontière Turquie-UE : l’ONU appelle au calme et à une « réponse humaine »

5 mars 2020

Les Nations Unies ont appelé au calme et à apaiser les tensions à la frontière entre la Turquie et l’UE où de nombreux migrants, réfugiés et demandeurs d’asile ont afflué ces derniers jours dans l’espoir de se rendre en Europe.

Jeudi, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a exhorté tous les États à « faire preuve de retenue » et à « adopter une « approche équilibrée et humaine » face aux mouvements de population aux frontières de la Turquie avec la Grèce et la Bulgarie – deux Etats membres de l’Union européenne (UE).

L’appel de l’OIM fait écho à celui déjà lancé lundi par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). « Comme dans toutes les situations de ce type, il est important que les autorités s’abstiennent de toute mesure susceptible d’accroître les souffrances des personnes vulnérables », avait déclaré le HCR dans un communiqué de presse.
Les médias ont rapporté que de nombreux migrants et réfugiés tentant d’entrer en Grèce ont été repoussés, souvent violemment, vers le territoire turc. « Tous les États sont en droit de contrôler leurs frontières et les mouvements irréguliers de personnes, mais ils doivent parallèlement s’abstenir de recourir à un usage excessif ou disproportionné de la force et veiller à ce que les demandes d’asile puissent continuer à être traitées de manière ordonnée », avait rappelé le HCR.

Aux frontières entre la Turquie et l’UE, l’OIM, le HCR, l’UNICEF, le Croissant-Rouge turc et leurs partenaires évaluent la situation des migrants et des réfugiés et fournissent une aide humanitaire. Les agences onusiennes ont distribué de la nourriture, des couvertures et offert des services d’interprétation.

Parmi les personnes présentes dans la zone frontalière se trouvent des Syriens, des Afghans, des Iraniens, des Soudanais et d’autres nationalités - parmi lesquelles des femmes, des enfants et des familles qui arrivent dans des conditions de grande vulnérabilité.

La situation est préoccupante à la frontière terrestre de la Turquie avec l’UE mais aussi en mer Égée. Selon l’OIM, de nombreux migrants sont privés de nourriture et beaucoup d’entre eux dorment dehors dans de difficiles conditions hivernales.

En Grèce, les équipes du HCR ont signalé l’arrivée de quelque 1.200 personnes entre le 1er mars et le matin du 2 mars dans les îles de l’est de la mer Égée (Lesbos, Chios, Samos) - ce qui est supérieur aux statistiques quotidiennes les plus récentes.

Soutenir la Turquie et la Grèce

Dans ce contexte, l’OIM et le HCR appellent à soutenir la Turquie et la Grèce qui sont sous pression.

« La Grèce, ainsi que les autres États situés à la frontière extérieure de l’UE, ne doivent pas être abandonnés à leur sort. Des ressources, des capacités et une solidarité sans faille de la part de l’Europe sont nécessaires pour renforcer les efforts de la Grèce face à cette situation », avait dit lundi le HCR.

Pour l’OIM, des efforts supplémentaires sont nécessaires afin de « partager les responsabilités » en matière d’aide d’urgence et dans la recherche de solutions durables pour les migrants et les réfugiés.

Les deux agences appellent également la communauté internationale à poursuivre et à renforcer son soutien à la Turquie qui accueille des millions de réfugiés. Elles ont également rappelé aux Etats concernés leurs obligations juridiques internationales, notamment en matière de protection et de demande d’asile.

L’OIM s’est dit prête à soutenir tous les gouvernements concernés par toute action susceptible de contribuer à une gestion efficace des migrations, de réduire les vulnérabilités et de garantir que les besoins immédiats des migrants sont satisfaits.

Samedi dernier, l’agence onusienne avait annoncé que 13.000 migrants s’étaient amassés à la frontière gréco-turque, dont des familles avec de jeunes enfants malgré le froid hivernal.

 

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