Le chef de l’ONU lance à Genève les travaux du Groupe de haut niveau sur les déplacements internes

Une femme dans un camp de personnes déplacées à Maiduguri, dans l'Etat de Borno, au Nigéria.
Photo : OCHA
Une femme dans un camp de personnes déplacées à Maiduguri, dans l'Etat de Borno, au Nigéria.

Le chef de l’ONU lance à Genève les travaux du Groupe de haut niveau sur les déplacements internes

Migrants et réfugiés

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé la communauté internationale à faire face au problème complexe et dévastateur que sont les déplacements internes alors qu’il participait à la réunion inaugurale du nouveau Groupe de haut niveau sur les déplacements internes, qui se tenait à Genève mardi 25 février.

« Je suis convaincu que ce Groupe de haut niveau trouvera des idées nouvelles pour prévenir les déplacements forcés, pour mieux protéger et venir en aide aux personnes déplacées et pour identifier des solutions aux déplacements », a déclaré M. Guterres.

Au cours des deux premiers mois de 2020, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées à l’intérieur des frontières de leurs pays, s’ajoutant aux 41 millions de personnes déplacées dans le monde. Après leur déplacement initial, de nombreuses personnes se retrouvent pendant des années privées d’un abri sûr, de travail, d’éducation et d’autres avantages ou opportunités.

Déplorant cette crise aigüe et sans fin des déplacements internes, le Secrétaire général a donc encouragé les membres du Groupe de haut niveau à attirer l’attention de la communauté internationale sur ce problème et à mobiliser de nouveaux efforts, plus ambitieux, pour y trouver des solutions.

Selon le chef de l’ONU, « il est inacceptable » que des millions de personnes soient si « brutalement » éloignées de leurs foyers pour ensuite se retrouver sans solution pendant des années. « Le déplacement ne devrait pas être un problème interminable », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général de l'ONU,  António Guterres, lors de la réunion inaugurale du Groupe de haut niveau sur les déplacements internes, à Genève.
Photo : ONU/Jean-Marc Ferré
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lors de la réunion inaugurale du Groupe de haut niveau sur les déplacements internes, à Genève.

Conséquences terribles des déplacements en Afrique et au Moyen-Orient

Le Groupe de haut niveau, créé par le Secrétaire général en octobre 2019, est co-présidé par Federica Mogherini, ancienne haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et Donald Kaberuka, ancien Président de la Banque africaine de développement (BAD) et actuel Président du Conseil du Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Le Groupe est constitué de représentants de gouvernements, d’organisations internationales, de la société civile, du secteur privé et de pays touchés par les déplacements internes.

Mme Mogherini a souligné les conséquences terribles des déplacements internes, sur tous les plans, et a réitéré l’importance de trouver des solutions pérennes.

L’ancienne cheffe de la diplomatie européenne a cité à cet égard « les déplacements récents et l’immense souffrance qu’ils créent en Syrie, dans la corne de l’Afrique, dans la République démocratique du Congo et au Yémen ». Une situation qui nous rappelle « urgemment que nous manquons de moyens pour mieux composer avec les déplacements internes. Le soutien du Secrétaire général est essentiel au moment où nous entamons cette tâche immense de recommander de nouvelles façons de voir et de traiter le problème », a dit Mme Mogherini.

De son côté, s’il a reconnu « les progrès » déjà réalisés pour traiter de l’aspect humanitaire des déplacements internes, Dr Kaberuka a toutefois souligné que des efforts plus soutenus étaient nécessaires.

Selon l’ancien chef de la BAD, il faut examiner les causes sociales et économiques qui sont à l’origine des déplacements, notamment la pauvreté, les inégalités, la marginalisation et l’exclusion. Sans oublier, « les faiblesses environnementales, les problèmes de gouvernance et l’impact des déplacements sur les sociétés et les pays, afin de pouvoir proposer des solutions efficaces », a-t-il fait valoir.

Le Groupe de haut niveau sera conseillé par un groupe d’experts éminents et sera soutenu par un secrétariat basé à Genève. Il devrait se réunir quatre fois au cours de la prochaine année et tiendra des consultations sur les plans régionaux et nationaux afin d’en apprendre davantage sur les déplacements de la part de pays et d’organisations concernés. Le Groupe de haut niveau soumettra ses recommandations au Secrétaire général d’ici à février 2021.