Afghanistan : le chef de l’ONU se félicite de la trêve partielle annoncée à l'échelle nationale

22 février 2020

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est félicité de la réduction annoncée de la violence à l'échelle nationale en Afghanistan, qui est le résultat de pourparlers entre les États-Unis et les Taliban, ainsi que de consultations avec le gouvernement afghan.

« Il espère que cette étape critique mènera à des négociations intra-afghanes et à un processus de paix global », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse publiée vendredi soir.

« Le Secrétaire général réitère en particulier l'importance d'un processus de paix inclusif dirigé par les Afghans avec la participation significative des femmes et des jeunes. Pour être durable, tout règlement doit respecter les droits de l'homme et les libertés fondamentales de tous les citoyens et sauvegarder les acquis des droits fondamentaux des femmes. L'ONU reste déterminée à soutenir le gouvernement et le peuple afghans », a-t-il ajouté.

La trêve partielle a démarré ce samedi en Afghanistan. Talibans et armée américaine se sont engagés à réduire leurs attaques. Si cet arrêt des combats tient, un accord pour un cessez-le-feu pourrait être signé le 29 février.

Par ailleurs, un nouveau rapport des Nations Unies publié samedi indique que les parties au conflit en Afghanistan ont tué et blessé plus de 10.000 civils en 2019.

Le nouveau rapport, publié conjointement par la Mission des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, fait état de 3.403 civils tués et 6.989 blessés, la majorité des victimes civiles étant infligées par des éléments antigouvernementaux. C'est la sixième année consécutive que le nombre de victimes civiles dépasse les 10.000.

100.000 victimes civiles en une décennie

Après plus d'une décennie de documentation systématique de l'impact de la guerre sur les civils, l'ONU a constaté qu'en 2019 le nombre de victimes civiles a dépassé les 100.000.

Les chiffres indiqués dans le nouveau rapport représentent une diminution de 5% par rapport à l'année précédente, principalement en raison d'une diminution des pertes civiles causées par l'État islamique d'Iraq et du Levant - Khorasan (EIIL-KP). Les pertes civiles causées par les autres parties ont augmenté, en particulier les Taliban (augmentation de 21%) et les forces militaires internationales (augmentation de 18%), principalement en raison d'une augmentation des attaques d'engins explosifs improvisés et des frappes aériennes.

« Toutes les parties au conflit doivent respecter les principes clés de distinction, de proportionnalité et de précaution pour éviter les pertes civiles », a déclaré Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme. « Les belligérants doivent prendre les mesures nécessaires pour éviter que des femmes, des hommes, des garçons et des filles soient tués par des bombes, des obus, des roquettes et des mines improvisées ».

Le rapport appelle toutes les parties au conflit à mener des enquêtes rapides, efficaces et transparentes sur toutes les allégations de violations du droit international des droits de l'homme et du droit international humanitaire, afin de garantir la redditionn comptes.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Afghanistan : l’UNICEF appelle à préserver l'espoir et protéger les enfants

Après 40 ans de conflit, l’Afghanistan est devenu la zone de guerre la plus meurtrière du monde avec un impact dévastateur sur les enfants et les parties manquent à leur devoir de les protéger de ses conséquences, a déclaré lundi l'UNICEF lors du lancement de son dernier rapport Préserver l'espoir en Afghanistan : protéger les enfants dans le conflit le plus meurtrier du monde .