Syrie : le chef de l’humanitaire de l’ONU alarmé par la récente escalade des combats dans la région d’Idlib

29 janvier 2020

Le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, s’est dit mercredi alarmé par la détérioration dramatique de la situation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie en raison de l’escalade des combats, et en particulier des bombardements.

« Les hostilités se sont intensifiées ces derniers jours dans la région d'Idlib, en particulier autour de Ma’arat al-Numan, Saraqeb et à l'ouest d'Alep. Les combats dans ces zones semblent être plus intenses que tout ce que nous avons vu l'année dernière », a dit M. Lowcock devant les membres du Conseil de sécurité.

Il a précisé que les informations les plus alarmantes venaient du sud d'Idlib, où des centaines de frappes aériennes du gouvernement syrien et de ses alliés ont été concentrées. Pendant ce temps, des groupes armés non étatiques continuent de bombarder la ville d'Alep, tuant ou blessant des dizaines de civils.

Le 12 janvier, la Turquie et la Russie ont annoncé un cessez-le-feu. Mais celui-ci n'a pas tenu, a noté chef de l’humanitaire de l’ONU, pour qui « la violence dans le nord-ouest de la Syrie est déplorable ».

« Il est impératif que toutes les parties conviennent de la cessation immédiate des hostilités dans et autour de la zone de désescalade d'Idlib », a-t-il dit.

Il a rappelé que les organisations humanitaires ont fourni ces dernières semaines une aide alimentaire à plus de 1,4 million de civils et des fournitures médicales pour soigner près de 200.000 personnes, dans le cadre de l'opération transfrontalière, dont l’autorisation a été renouvelée par la résolution 2504 du Conseil de sécurité. « Cela reste le seul moyen d'aider plus de 2,8 millions de personnes dans le besoin dans le nord-ouest de la Syrie », a dit M. Lowcock.

Photo ONU/Loey Felipe
Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, informe les membres du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation en Syrie.

Le 10 janvier, le Conseil de sécurité a adopté cette résolution par laquelle il prolonge l’opération d’aide humanitaire transfrontalière à la Syrie mais uniquement via des points de passage frontaliers avec la Turquie. Les points de passage frontaliers d’Al-Ramtha, en Jordanie, et d’Al Yarubiyah, en Iraq, ont été exclus.

S’agissant du nord-est de la Syrie, Mark Lowcock a noté que la situation humanitaire restait difficile. Quelque 70.000 personnes sont toujours déplacées à la suite des opérations militaires en octobre. 90.000 autres personnes vivent dans des camps de personnes déplacées, dont plus de 66.000 dans le camp d'Al Hol.

« En moyenne, 850.000 personnes ont reçu une assistance mensuelle en 2019 depuis la Syrie, et ce nombre a considérablement augmenté au cours de l'année », a expliqué le chef de l’humanitaire de l’ONU.

Il a toutefois précisé qu’avec la suppression du point de passage d'Al Yarubiyah, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit une réduction des services médicaux disponibles et une pénurie croissante de fournitures médicales.

« Quelque 400.000 articles médicaux dont la livraison est prévue sont coincés dans des camions en Iraq et ne peuvent pas traverser » la frontière, a-t-il dit.

L'ONU tente de relancer le processus politique

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité mercredi après-midi consacrée à l’aspect politique de la crise syrienne, l’Envoyée spéciale adjointe de l’ONU pour la Syrie, Khawla Matar, a indiqué que l’Envoyé spécial Geir O. Pedersen se trouvait à Damas pour tenter de désamorcer la situation dans le nord-ouest du pays et relancer les progrès du processus politique facilité par l'ONU.

Le comité syrien chargé de rédiger une nouvelle Constitution, qui s’est réuni deux fois à Genève en octobre et en novembre, ne s’est pas réuni depuis en raison de différends entre ses co-présidents sur l’ordre du jour, a rappelé Mme Matar.

Le Comité constitutionnel syrien est composé de 150 membres issus du pouvoir, de l’opposition et de la société civile.

« L'Envoyé spécial s'efforce de réduire les différences et espère être en mesure de convoquer prochainement le Comité constitutionnel », a précisé son adjointe.

« Il espère que les sessions du Comité constitutionnel se poursuivront avec un rythme régulier dans les mois à venir. Il y a besoin d’instaurer la confiance, qui peut contribuer à ouvrir la porte à un processus politique », a-t-elle ajouté.

 

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