L'ONU octroie 10 millions de dollars pour lutter contre les criquets en Afrique de l’Est

23 janvier 2020

Le chef de l’aide humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a débloqué 10 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF) pour aider à intensifier la riposte face aux essaims dévastateurs de criquets pèlerins en Afrique de l’Est.

Cette crise, qui affecte la Corne de l'Afrique, l'Asie du Sud-Ouest et la mer Rouge, est la pire du genre en 25 ans pour l'Éthiopie et la Somalie et la pire que le Kenya ait connue depuis 70 ans.

Les conséquences dans ces pays sont particulièrement sévères alors que les pâturages et les cultures sont anéantis dans des communautés qui étaient déjà confrontées à des pénuries alimentaires.

Le criquet pèlerin est l'un des ravageurs migrateurs les plus dangereux au monde. Un seul criquet peut parcourir 150 km et manger son propre poids en nourriture - environ deux grammes - chaque jour. Un petit essaim peut consommer l'équivalent de nourriture pour 35.000 personnes en une journée. Ils se reproduisent rapidement et, s'ils ne sont pas contrôlés, leur nombre actuel pourrait être multiplié par 500 d'ici juin.

L'allocation de 10 millions de dollars du CERF ira à la FAO, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, et financera une augmentation des opérations de pulvérisation aérienne de pesticides qui, étant donné l'ampleur des essaims actuels, est le seul moyen efficace de réduire le nombre de criquets.

« Cette vague  dévastatrice de criquets commence à détruire la végétation à travers l'Afrique de l'Est à une vitesse et une férocité alarmantes », a déclaré Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence. « Les familles vulnérables qui faisaient déjà face à des pénuries alimentaires sont désormais confrontées à la perspective de voir leurs cultures détruites sous leurs yeux ».

Mark Lowcok a indiqué que si cette crise n’était pas maîtrisée, elle pourrait se propager à davantage de pays en Afrique de l'Est avec des conséquences horribles. « Une réponse rapide et déterminée pour la contenir est essentielle. Cette allocation du Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies permettra de financer une intensification massive des opérations aériennes pour gérer cette crise », a-t-il ajouté.

Photo: FAO/Yasuyoshi Chiba
Les criquets peuvent affecter la sécurité alimentaire de millions de personnes.

La région déjà affectée par les effets du changement climatique

Ces essaims dévastateurs de criquets pélerins aggravent les effets du changement climatique qui se font déjà sentir dans cette région. En Éthiopie, où les inondations avaient déjà affecté les récoltes, l'infestation acridienne a détruit des centaines de kilomètres carrés de végétation dans les régions d'Amhara et du Tigré.

Au Kenya, qui a été frappé par des sécheresses consécutives, puis des inondations en 2019, la semaine dernière a vu une augmentation significative et extrêmement dangereuse de l'activité d'essaims, et huit comtés sont désormais touchés.

En Somalie, des dizaines de milliers d'hectares de terres ont été touchés au Somaliland, au Puntland et à Galmudug (Mudug), et des essaims matures sont présents dans la région de Garbahare, près de la frontière kenyane. Parallèlement, les conditions météorologiques récentes en Afrique de l'Est ont créé des conditions propices à une reproduction rapide des criquets.

 

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