Nigéria : l’ONU dénonce l’enlèvement et l’exécution de civils dans le nord-est du pays

24 décembre 2019

Les Nations Unies ont dénoncé l'enlèvement et l'exécution de civils dimanche, dans l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit profondément préoccupé par les informations selon lesquelles des civils auraient été exécutés et d'autres enlevés par un groupe armé.

Ces actes auraient eu lieu dimanche sur la route reliant Monguno a Maiduguri, dans le nord de l'État de Borno et sur la route entre Damaturu et Biu qui est un axe clé reliant les États de Yobe et de Borno.

Le Coordonnateur humanitaire de l’ONU au Nigéria, Antonio Jose Canhandula, s’est dit « horrifié » par les informations faisant état de l'exécution de nombreux civils et de l'enlèvement de plusieurs autres.

« Alors que les informations continuent de nous parvenir, la communauté humanitaire travaillant dans les États de Borno, d’Adamawa et de Yobe condamne les incidents violents qui ont eu lieu (dimanche) et la pratique croissante des groupes armés de mettre en place des postes de contrôle ciblant les civils », a dit M. Canhandula dans une déclaration de presse publiée au lendemain des incidents.

Ces actes auraient eu lieu dimanche sur la route reliant Monguno a Maiduguri, dans le nord de l'État de Borno et sur la route entre Damaturu et Biu qui est un axe clé reliant les États de Yobe et de Borno.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) au Nigéria souligne qu’il est urgent que les autorités nigérianes fassent tout leur possible pour prévenir de nouvelles violences et brutalités et pour protéger la population civile, y compris les travailleurs humanitaires, contre des violations aussi graves du droit international. Des brutalités qui n’épargnent pas les femmes et les enfants qui sont parmi les plus vulnérables et pris au piege de cette violence, a deploré le Coordonnateur humanitaire.

 

Un enfant de 11 mois se fait mesurer la circonférence de son bras pour détecter la malnutrition dans un camp de déplacés dans l'Etat de Borno, au Nigéria. Photo UNICEF/Esiebo

Plus de 36.000 personnes ont perdu la vie depuis le début du conflit

Depuis le début du conflit, plus de 36.000 personnes ont perdu la vie, dont environ la moitié étaient des civils. Ces derniers continuent de payer le prix ultime d'une crise dont ils ne sont pas responsables et dont ils ne veulent pas.

Depuis le début de l’année 2019, neuf travailleurs humanitaires ont déjà perdu la vie alors qu'ils essayaient de fournir une aide vitale aux personnes qui en ont désespérément besoin dans l'État de Borno.

Plus de 7 millions de personnes ont toujours besoin d'une aide d'urgence vitale dans les États de Borno, de Yobe et d'Adamawa

Plus de 160.000 personnes ont fui en quête de sécurité dans des camps déjà surpeuplés. La majorité des ces sites ont déjà atteint leur capacité d’accueil maximale.

La recrudescence de la violence observée au cours de l'année écoulée, et en particulier le long des routes principales au cours des six derniers mois, a entraîné une détérioration de la situation humanitaire, souligne OCHA.

L'insécurité et les attaques violentes continuent d'entraver la capacité des habitants de nombreuses régions des États de Borno et de Yobe à accéder aux services de base, aux moyens de subsistance et aux terres pour l'agriculture et le pâturage.

Plus de 7 millions de personnes ont toujours besoin d'une aide d'urgence vitale dans les États de Borno, de Yobe et d'Adamawa, qui sont touchés par la crise. Nombre d'entre elles survivent dans des conditions difficiles sans assistance humanitaire. Les Nations Unies et les ONG humanitaires estiment être dans l’impossibilité d’atteindre 1,2 million de personnes.

« La communauté humanitaire au Nigéria rappelle à tous les groupes armés leur devoir de protéger les civils et appelle à un respect accru du droit international humanitaire », a dit M. Canhandula, soulignant que la protection des civils est primordiale.

« Nous appelons également le grand public, y compris les médias, à s'abstenir de partager toute information non confirmée », a dit le Coordonnateur humanitaire. « La diffusion d'informations erronées risque de mettre encore plus en danger la sécurité des civils enlevés et de ceux dont on ne sait toujours pas où ils se trouvent et pourrait compromettre leur retour en toute sécurité », a-t-il précisé.

Par la voix de son porte-parole, M. Guterres a exprimé ses plus sincères condoléances aux familles des victimes et réitéré la solidarité des Nations Unies avec le peuple et le gouvernement nigérians.

 

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