Afghanistan : l’UNICEF appelle à préserver l'espoir et protéger les enfants

17 décembre 2019

Après 40 ans de conflit, l’Afghanistan est devenu la zone de guerre la plus meurtrière du monde avec un impact dévastateur sur les enfants et les parties manquent à leur devoir de les protéger de ses conséquences, a déclaré lundi l'UNICEF lors du lancement de son dernier rapport Préserver l'espoir en Afghanistan : protéger les enfants dans le conflit le plus meurtrier du monde .

« Même si l'on se fie aux normes sordides de l'Afghanistan, 2019 a été une année particulièrement meurtrière pour les enfants », a déclaré la Directrice générale de l'UNICEF, Henrietta Fore.

Selon le rapport, au cours des neuf premiers mois de 2019, une moyenne de neuf enfants ont été tués ou mutilés chaque jour.  Il s’agit d’une augmentation de 11 % par rapport à la même période en 2018. Cela est dû en grande partie à une recrudescence des combats entre forces pro et antigouvernementales, ainsi qu'aux attentats-suicides. Les attentats-suicides à la bombe et les engins explosifs improvisés (EEI) ont été responsables de 42 % des morts et des blessés parmi les civils.

Entre 2009 et 2018, près de 6.500 enfants ont été tués et près de 15.000 autres blessés.

« Les enfants, leurs familles et leurs communautés souffrent chaque jour des terribles conséquences des conflits. Ces mêmes enfants ont désespérément besoin de grandir, d'aller à l'école, d'acquérir des compétences et de se bâtir un avenir. Nous pouvons et devons faire beaucoup plus pour renforcer leur courage et leur résilience extraordinaires », a affirmé Mme Fore.
 

© UNICEF/UNI229584/Bouvet
Un groupe de garçons sur le dortoir de l'orphelinat Shaheed Abdul Ahad Khan Khan Karzai à Kandahar. L'orphelinat accueille plus de 180 enfants de six à dix-huit ans.

Au-delà du conflit

Outre l'impact direct de la violence, la vie des enfants est également affectée par les effets combinés des catastrophes naturelles, de la pauvreté et du sous-développement, comme en témoignent les faits tirés du rapport de l’UNICEF :

  • 3,8 millions d'enfants ont besoin d'aide humanitaire ;
  • 1 fille sur 3 se marie avant ses 18 ans ;
  • 3,7 millions d'enfants d'âge scolaire ne sont pas scolarisés ;
  • 600 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère ;
  • 30 % des enfants travaillent ;
  • 400.000 jeunes Afghans entrent sur le marché du travail chaque année, mais beaucoup n'ont pas les compétences professionnelles nécessaires pour trouver un emploi et gagner leur vie.

L'UNICEF travaille avec les autorités et les communautés locales pour lutter contre une série de normes sociales négatives. Les filles risquent d'être victimes de crimes d'honneur, de violences domestiques et de violences sexuelles.

Par l'intermédiaire de partenaires, l'agence onusienne fournit également un traitement à 277.000 enfants souffrant de malnutrition sévère. Mais le programme doit être considérablement élargi si l'on veut atteindre 300.000 autres enfants dans le besoin.

Les jeunes Afghans ont besoin de savoir que leurs perspectives de carrière ne se limitent pas à rejoindre un groupe armé ou à fuir le pays pour tenter leur chance à l'étranger

L'UNICEF utilise de plus en plus de systèmes d'approvisionnement en eau durables alimentés par gravité et solaires pour aider une partie des 2,8 millions d'Afghans touchés par une grave sécheresse l'an dernier. Pourtant, seulement 64 % de la population a accès à de l'eau potable de meilleure qualité et protégée contre toute contamination extérieure.

Donner de l’espoir

 « Les jeunes Afghans ont besoin de savoir que leurs perspectives de carrière ne se limitent pas à rejoindre un groupe armé ou à fuir le pays pour tenter leur chance à l'étranger », a déclaré Aboubacar Kampo, Représentant de l'UNICEF en Afghanistan.

« Avec le soutien approprié, ils peuvent commencer à sortir du cycle de la violence et du sous-développement et créer un avenir meilleur pour eux-mêmes et pour l'Afghanistan », a ajouté M. Kampo.

Toutes les parties au conflit doivent s'acquitter des obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire et des droits de l'homme, qui leur imposent de protéger les enfants, de mettre fin au ciblage des écoles et des centres de santé, et de permettre l'accès à l'assistance humanitaire, a exhorté l’UNICEF.

Le soutien des donateurs est également essentiel, insiste le Fonds, signalant que seulement un quart des 323 millions de dollars nécessaires pour appuyer ses opérations en Afghanistan en 2020 a été financé.

 

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