COP25 : les systèmes alimentaires doivent emprunter des solutions basées sur la nature (FAO)

12 décembre 2019

L’agriculture peut jouer un rôle primordial pour affronter le changement climatique en offrant des solutions basées sur la nature, a souligné jeudi le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Qu Dongyu, dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP25) qui se déroule à Madrid, en Espagne, jusqu'au 13 décembre.

« Nous nous préparons à transformer le système alimentaire. Nous devons modifier la structure des filières de production alimentaire, des chaînes de valeur et des filières d’approvisionnement », a déclaré M. Qu, en parlant du travail que la FAO et ses partenaires comptent mener ensemble. « L’innovation est la seule solution », a-t-il ajouté.

Le chef de la FAO s’exprimait à l’occasion d’un événement spécial intitulé « Accélérer ensemble les actions pour les solutions basées sur la nature en 2020 », qui s’est tenu en marge de la COP25.

Les solutions basées sur la nature prévoient entre autres des actions sur les forêts et sur d’autres écosystèmes, comme les sols, l’eau, le bétail, les océans et les systèmes alimentaires, ainsi que sur les environnements alimentaires et les consommateurs.

Le chef de la FAO a également souligné l’importance de la gestion durable des ressources naturelles et de la protection de la biodiversité pour l’obtention de systèmes alimentaires durables, essentiels à l’amélioration de la production alimentaire et agricole.

Il a cité en exemple une initiative annoncée par la FAO, l’Allemagne et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il s'agit d'aider les pays en développement à répondre au changement climatique dans leurs secteurs agricoles.

Selon M. Qu, la FAO entend appliquer les solutions existantes à plus large échelle et garantir que les solutions basées sur la nature restent au cœur des actions sur le climat et la biodiversité, en continuant à travailler en étroite collaboration avec l’ensemble des partenaires de l’ONU, les pays, la société civile, le secteur privé, le monde universitaire et tous les autres acteurs impliqués.

UNDP Rwanda/Alice Kayibanda
Les populations les plus pauvres et les plus vulnérables du Rwanda ont bénéficié du concept de «village vert», visant à résoudre les problèmes de ressources naturelles du pays, notamment la déforestation, l'utilisation des terres non durable.

Coopération Sud-Sud : « facteur de changement » pour les plus vulnérables

Par ailleurs, lors d'un forum de haut niveau sur la coopération Sud-Sud à la COP25, le Directeur général de la FAO a affirmé que les partenariats innovants, les investissements et les échanges techniques par la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire sont essentiels pour les pays, surtout dans les pays du Sud, pour faire face au changement climatique et atteindre les Objectifs de développement durable des Nations Unies.

« Le changement climatique met à risque la production agricole, surtout pour les populations des régions vulnérables les plus exposées, les moins résilientes et qui disposent de moins de mécanismes de défense », a déclaré M. Qu. La coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire peuvent être des « facteurs de changement » puisqu’elles offrent des « modèles innovants à l’appui du changement et des réformes ».

Photo : FAO/Alessandro Stelzer
La coopération Sud-Sud de la FAO encourage la collaboration et le partage des connaissances entre les experts chinois et les agriculteurs ougandais.

Rôle pionnier de la FAO

La coopération Sud-Sud (CSS) et la coopération triangulaire (CTr) se sont révélées efficaces pour créer des emplois, construire des infrastructures et promouvoir les échanges commerciaux.

À travers cette coopération, la FAO a facilité les échanges d’expériences techniques et de savoir-faire en envoyant sur le terrain plus de 2.000 experts et techniciens dans plus de 80 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, d’Afrique du Nord et ailleurs au cours des 20 dernières années.

M. Qu a fait savoir que la CSS est active aussi bien au niveau institutionnel qu’au niveau communautaire.  Elle a aidé à traduire les besoins du développement en des possibilités commerciales attractives pour les investissements du secteur privé.

« Nous avons des solutions mais, pour qu’elles soient efficaces, nous devons agir à plus grande échelle et être plus rapides car le temps presse », a précisé le chef de la FAO.

L'agence onusienne a joué un rôle de pionnier dans la promotion de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, avec plus de 370 millions de dollars investis dans ce sens au cours des vingt dernières années.

L’introduction réussie de nouvelles technologies dans de nombreux pays, à travers la CSS, a contribué à renforcer la sécurité alimentaire, notamment grâce à l’amélioration de la productivité agricole, à la diversification des cultures alimentaires, à la production de petits animaux et de poisson et à l’accroissement des revenus des populations rurales.

À ce jour, les principaux prestataires FAO de la CSS sont la Chine et le Brésil, ainsi que le Mexique, le Maroc et le Venezuela.

Le Nigéria, l’Ouganda, le Sénégal, le Sri Lanka et la Mongolie font partie des pays qui ont bénéficié des initiatives de la CSS pour l’amélioration de la sécurité alimentaire, des moyens d’existence et des revenus des petits agriculteurs familiaux.

La FAO s’est fixée des objectifs ambitieux qui prévoient la création de 200 partenariats avec le monde académique et les instituts de recherche, en vue d’encourager l’échange des connaissances techniques et le renforcement des capacités.

Cette année marque le 10ème anniversaire du Programme de Coopération Sud-Sud FAO-Chine qui a directement profité à plus de 70.000 personnes dans les pays en développement en Afrique subsaharienne et en Asie. Depuis que la FAO et la Chine ont établi le Programme CSS, en 2009, des experts chinois ont partagé leurs connaissances et leurs technologies auprès d’agriculteurs locaux en Afrique et en Asie, dans le but d’augmenter la productivité et la durabilité agricoles dans les secteurs de la production, de la zootechnie, de l’horticulture, des pêches et de l’aquaculture, et d’améliorer la gestion et la conservation de l’eau et des sols.

 

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