António Guterres exhorte à investir dans le Fonds d'urgence humanitaire de l'ONU

9 décembre 2019

Le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF) de l'ONU est « l'un des investissements les plus efficaces que vous puissiez faire dans l'action humanitaire », a déclaré lundi le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors d'un événement de haut niveau au siège de l'Organisation, à New York.

« C'est le seul fonds d'urgence mondial qui soit assez rapide, prévisible et flexible pour atteindre des dizaines de millions de personnes chaque année », a affirmé le chef de l'ONU, qui a estimé que le Fonds soutient un « système d'intervention humanitaire mondial bien coordonné avec un énorme réseau de partenaires pour aider les plus vulnérables ».  

Depuis sa création il y a 13 ans, le CERF a alloué plus de six milliards de dollars pour soutenir l'assistance vitale dans 104 pays, protégeant des millions de personnes, parfois dans les heures qui suivent le début d'une situation d'urgence.

M. Guterres a décrit le Fonds comme « l'un des instruments clés dont nous disposons » pour rassembler le système et agir de manière coordonnée dans le domaine humanitaire.

« Investir dans le CERF, ce n'est pas seulement investir dans l'action humanitaire, c'est investir dans l'amélioration de l'ONU dans son ensemble », a-t-il affirmé. 

PAM/Alan Ali
Des travailleurs humanitaires dans le gouvernorat d'Al-Hasakeh, en Syrie, déchargent de l'aide alimentaire fournie par le PAM. (13 octobre 2019)

Le CERF en première ligne

Notant que la crise climatique provoque des ouragans, des cyclones et des sécheresses plus fréquents et plus meurtriers dans le monde entier, le chef de l'ONU a fait valoir que « le CERF est en première ligne de notre réponse ».  

 « Le rythme des crises a été implacable en 2019 », a déclaré M. Guterres, notant que leFonds  avait soutenu des personnes dans 44 pays, « du Yémen à l'Afghanistan en passant par la Colombie ».

« Le CERF fournit des fonds sans la bureaucratie qui peut ralentir notre travail, de sorte que l'argent est disponible dans les jours, parfois les heures qui suivent la catastrophe », a signalé le chef de l'ONU, citant le soutien vital au Mali et au Soudan, qui souffrent d'insécurité alimentaire, ainsi que pour aider les enfants à rester scolarisés au Cameroun, au Tchad, dans les Territoires palestiniens occupés, en Ukraine et ailleurs.

 Le rythme des crises a été implacable en 2019 - António Guterres, Secrétaire général de l'ONU

Et cette année, le CERF a accordé la priorité à 350.000 personnes handicapées dans le monde entier grâce à un financement.

« Les crises humanitaires ne sont pas neutres du point de vue du genre, et le CERF le reconnaît », a également fait valoir le Secrétaire général.

En 2019, le CERF a alloué 214 millions de dollars à la promotion de l’égalité des sexes, citant l'exemple du Cameroun, où le Fonds onusien a fourni des équipements et des médicaments pour la santé génésique, un soutien psychosocial et des séances de sensibilisation communautaire sur la violence sexiste.

Grâce aux contributions de 52 États membres, « le CERF est véritablement un fonds pour tous, par tous », a soutenu le chef de l'ONU, tout en notant qu'aujourd'hui il « doit faire face à une souffrance bien plus grande » que lors de sa création en 2005.

António Guterres a souligné que le Fonds représentait « un engagement collectif pour répondre à des besoins croissants », ajoutant « c'est notre message d'espoir et de solidarité mondiale avec les personnes prises dans des crises ».

En s'engageant à rendre le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires « plus rapide, plus efficace, plus novateur et plus réactif », le chef de l'ONU a conclu en exhortant les États à respecter l'engagement pris par l'Assemblée générale des Nations Unies de recueillir un milliard de dollars pour ce fonds.

 

OCHA/Gemma Cortes
L'action humanitaire en faveur de millions de Vénézuéliens dans le besoin continue d'être intensifiée. (Octobre 2019)

2019, des exigences « sans précédent »

Auparavant, le Coordinateur des secours d'urgence des Nations Unies, Mark Lowcock, qui présidait l’événement, a déclaré que la « demande sans précédent » de financement d'urgence de cette année a permis de répondre aux « besoins vitaux et urgents » de millions de personnes affectées par des crises dans 46 pays.

« Le CERF a aidé les travailleurs humanitaires à anticiper les situations d'urgence liées aux conditions météorologiques, comme les sécheresses, mais aussi les cyclones, les tremblements de terre et les inondations...[et] nous a aidés à réagir rapidement aux épidémies de maladies... pour éviter une nouvelle propagation du virus Ebola, qui est mortel », a-t-il expliqué.  

M. Lowcock a admis que des « défis importants » se profilent à l'horizon et a déclaré « craindre que les perspectives pour l'année à venir ne soient sombres ».

On s'attend à ce qu'une personne sur 45 dans le monde ait besoin de notre aide - Mark Lowcock, Coordinateur des secours d'urgence des Nations Unies

« On s'attend à ce qu'une personne sur 45 dans le monde ait besoin de notre aide. Le chiffre le plus élevé jamais atteint », a-t-il déclaré, ce qui nécessiterait un financement de près de 29 milliards de dollars.

Dans ce contexte, il a souligné que l'ONU et ses partenaires visent à aider près de 109 millions de personnes parmi les plus vulnérables en 2020, en esquissant deux façons pour le CERF de transformer davantage de vies.

Tout d'abord, le Coordinateur des secours a encouragé « à anticiper les crises et à adopter une approche anticipative lorsque les données et les faits nous indiquent qu'un choc à fort impact est imminent », ajoutant que « le financement précoce réduit les réponses et les coûts et soutient une meilleure conception de programmes de qualité », ce qui à son tour réduit la souffrance.

Mark Lowcock a indiqué qu'un programme pilote était actuellement en cours en Somalie, en utilisant les fonds du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF) pour atténuer les effets d'une grave sécheresse dans la région.

Deuxièmement, il s'agissait d'inclure davantage de personnes, ce qui, selon lui, exige que tous les programmes soient conçus de manière à atteindre les plus nécessiteux.

 

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