Iraq : la répression de manifestations pacifiques ne peut pas constituer une stratégie, selon l’envoyée de l’ONU

3 décembre 2019

L’envoyée de l’ONU en Iraq, Jeanine Hennis-Plasschaert, a estimé mardi devant le Conseil de sécurité que la répression de manifestations pacifiques par les autorités ne pouvait pas constituer une stratégie et qu’il fallait écouter la frustration et la colère exprimées par les manifestants.

L’Iraq est secoué depuis plusieurs semaines par un mouvement de contestation. Selon Mme Hennis-Plasschaert, l’on observe actuellement dans le pays « une accumulation de frustration concernant un manque de progrès depuis de nombreuses années ».

Le Premier ministre iraquien, Adel Abdel Mahdi, a annoncé sa démission il y a quelques jours face à ce mouvement de contestation qui a commencé le 1er octobre. Les manifestants dénoncent l’incompétence et la corruption de leurs dirigeants et la déliquescence des services publics.

« Ils demandent que leur pays puisse réaliser tout son potentiel au profit de tous les Iraquiens », a expliqué Jeanine Hennis-Plasschaert, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour l’Iraq, devant les membres du Conseil de sécurité de l’ONU. « Ces jeunes n'ont aucun souvenir du caractère horrible de la vie pour beaucoup d’Iraquiens du temps de Saddam Hussein. Cependant, ils sont très conscients de la vie promise après Saddam Hussein ».

Saddam Hussein a été le Président de l’Iraq de 1979 à 2003. Il a été renversé à la suite de l’invasion du pays par une coalition menée par les Etats-Unis et a été exécuté par pendaison en décembre 2006.

L’envoyée de l’ONU a rappelé au Conseil de sécurité que ces deux derniers mois, plus de 400 personnes ont été tuées et que plus de 19.000 autres ont été blessées dans le cadre du mouvement de contestation.

Selon elle, « les manifestants semblent déterminés à persévérer aussi longtemps que leurs demandes restent ignorées ».

Elle a estimé que la situation ne pouvait pas être réglée par les autorités iraquiennes en gagnant du temps avec des mesures ponctuelles et en utilisant la répression. « Cette approche ne fera qu'alimenter davantage la colère et la méfiance de la population », a-t-elle dit.

Selon Jeanine Hennis-Plasschaert, la poursuite d’intérêts partisans ou la répression brutale de manifestations pacifiques ne constituent pas des stratégies. Elle a toutefois estimé que l’Iraq n’était pas une cause perdue et que de nouvelles opportunités pouvaient émerger de cette crise.

« Le défi consiste à saisir cette opportunité et à construire un État souverain, stable, inclusif et prospère en Iraq. Le moment est venu d'agir. Les espoirs immenses de beaucoup d'Iraquiens appellent à une réflexion audacieuse et tournée vers l’avenir », a-t-elle conclu.

 

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