Des processus de réconciliation réussis contribuent à prévenir la résurgence de conflits, selon Guterres

19 novembre 2019

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné mardi que la réconciliation est capitale pour assurer la paix et la prospérité pour tous, lors d’un débat au Conseil de sécurité sur ce sujet.

« Une réconciliation réussie contribue à éviter la répétition des conflits et à édifier des sociétés plus pacifiques, résilientes et prospères, en particulier à la suite de violences à grande échelle et de violations des droits de l'homme », a déclaré le chef de l’ONU lors de ce débat sur le rôle des processus de réconciliation dans le maintien de la paix et de la sécurité.

Citant les exemples du Cambodge, du Rwanda, de l’Irlande du Nord et de la Bosnie-Herzégovine, le Secrétaire général a rappelé que les processus de réconciliation ont joué un rôle crucial dans la résolution des différends ethniques, religieux et politiques, permettant ainsi aux populations de vivre en paix.

« La réconciliation aide à réparer les fractures causées par l’absence de confiance entre l’État et la population, lorsque les institutions et les individus reconnaissent leur rôle dans les crimes du passé, et que les victimes et les auteurs (de ces crimes) ont le courage de faire face à la vérité », a dit M. Guterres. « C’est un processus par lequel les sociétés peuvent passer d’un passé divisé à un avenir partagé ».

Promouvoir la réconciliation et mettre fin aux cycles de l'impunité font partie intégrante du travail des Nations Unies. Les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité ont guidé les travaux de l’Organisation en soulignant que la réconciliation faisait partie d’une approche globale du maintien de la paix.

Mais la réconciliation est un concept qui doit évoluer pour suivre la nature changeante des conflits et ne peut plus être confiné à ceux directement impliqués dans la guerre, estime le chef de l’ONU. « Les conflits d’aujourd’hui sont complexes et touchent les pays voisins et les grandes puissances », a-t-il expliqué. « Les inégalités sociales, économiques et politiques se creusent, amplifiées par la crise climatique et les nouvelles technologies. L'espace démocratique se contracte, alimentant les politiques identitaires, la discrimination, l'intolérance et les discours de haine ».

Photo MINUSS
Des femmes dansent à la fin d'un atelier sur la médiation et la résolution des conflits à Juba, au Soudan du Sud.

La réconciliation, partie prenante du rétablissement et de la consolidation de la paix

Dans de nombreux pays à travers le monde, l’ONU s’emploie à intégrer des programmes de réconciliation dans les activités de rétablissement et de consolidation de la paix.

« Nos médiateurs et envoyés insistent sur des dispositions concrètes sur la nécessité du dialogue, du renforcement de la confiance et de la réconciliation dans les accords de paix », a déclaré António Guterres, soulignant que les Nations Unies se sont également efforcées d’inclure dans les accords, conclus grâce à la médiation des organisations régionales en République centrafricaine et au Soudan du Sud par exemple, des dispositions devant permettre d’adresser les séquelles du passé.

Dans ce contexte, le Secrétaire général a salué la nouvelle politique de justice transitionnelle de l’Union africaine, « un cadre qui tient compte de la complexité de la violence de masse tout en respectant les traditions locales de réconciliation et de justice ».

« Nous avons toujours souligné l’importance de la justice transitionnelle et nous fournissons également un appui technique aux processus nationaux qui contribuent à l’apaisement collectif », a dit M. Guterres, citant l’exemple de la Tunisie et du Yémen où l’ONU offre son expertise afin de faciliter le développement de dialogues nationaux.

A travers le monde, les Nations Unies soutiennent des processus de justice transitionnelle menés au niveau national et centrés sur les victimes. En Gambie, par exemple, l’ONU a apporté un appui essentiel au développement de la Stratégie nationale globale de justice transitionnelle et de la Commission vérité, réconciliation et réparations.

La réconciliation demeure toutefois un processus complexe, a reconnu le chef de l’ONU. « Revenir sur un moment douloureux, le comprendre et le surpasser ensemble est extrêmement difficile ».

Citant l’archevêque et artisan de la réconciliation en Afrique du Sud, Desmond Tutu, M. Guterres a rappelé qu’« il n’existe pas de raccourci ou de prescription simple pour cicatriser les blessures et les divisions d’une société après des violences prolongées. Créer un climat de confiance et de compréhension entre anciens ennemis est un défi extrêmement difficile à relever ».

« Une réconciliation réussie est donc à la fois un but et un processus », a conclu le chef de l’ONU.

 

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