Moyen-Orient : la création d’une zone exempte d'armes nucléaires devra renforcer la sécurité de tous les États

18 novembre 2019

A l’ouverture d'une Conférence sur la création au Moyen-Orient d'une zone exempte d'armes nucléaires et d'autres armes de destruction massive, le chef de l’ONU a souligné lundi qu’une telle zone devra prendre en compte « la situation particulière de la région ».

L’ONU accueille cette semaine la première session de cette conférence. L’occasion pour le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, de souligner l’importance que revêtent de telles zones pour mettre définitivement fin à la possibilité d'un conflit nucléaire « dans n’importe quelle région ».

« Grâce à la vision de tant d’États membres du monde entier, le monde dispose de cinq zones régionales exemptes d’armes nucléaires - en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Afrique, en Asie centrale, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique Sud », a rappelé le Secrétaire général.

António Guterres a souligné que de telles zones apportent également des avantages tangibles en matière de sécurité en fournissant à leurs Etats membres des assurances contre l'utilisation ou la menace d'utilisation d’armes nucléaires.

« Dans le même temps, ces zones peuvent fournir une assurance supplémentaire à la communauté mondiale des intentions nucléaires pacifiques des pays de ces régions », a souligné le chef de l’ONU

Pour António Guterres, des zones exemptes d’armes nucléaires offrent également aux États un moyen « de prendre l’initiative et de travailler ensemble » pour faire progresser leur propre sécurité régionale commune. Il a également rappelé que ces zones ont permis à des groupes d’États de contribuer de manière indépendante à l’élaboration de normes mondiales et de faire avancer les négociations générales sur le désarmement.

Photo OTICE
Un essai nucléaire en Polynésie française en 1971.

Le Moyen-Orient, « source de sérieuse préoccupation pour le monde entier »

Le chef de l’ONU a souligné que la situation au Moyen-Orient demeure une « source de sérieuse préoccupation pour le monde entier ».

« Des guerres civiles complexes font rage et impliquent des groupes armés non étatiques et des organisations terroristes bien équipés, ainsi que des puissances militaires régionales et internationales », a rappelé António Guterres, tandis que « les civils paient un tribut dévastateur ».

Le Secrétaire général a indiqué que les inquiétudes suscitées par les programmes nucléaires menés par certains Etats persistent et continuent d’aggraver les tensions et qu’à ce jour aucune reddition significative des comptes n’a été établie pour l’utilisation d’armes chimiques dans la région.

Le Moyen-Orient montre des signes de compétition active dans la course aux armements, notamment dans l'acquisition et l'utilisation de nouvelles technologies, a alerté le chef de l’ONU.

Pour M. Guterres, la création au Moyen-Orient d'une zone exempte d'armes de destruction massive nucléaires, chimiques et autres serait une occasion pour les États de la région d'engager un dialogue direct sur des arrangements susceptibles de répondre à leurs besoins en matière de sécurité.

Il a toutefois rappelé que la création d’une telle zone au Moyen-Orient devra prendre en compte la situation particulière de la région et renforcer la sécurité de tous les États.

« Le désarmement nucléaire est une priorité absolue des Nations Unies »

« La menace de guerre nucléaire existe toujours », a pour sa part déclaré le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Tijjani Muhammad-Bande, à l’ouverture de cette conférence.

« Aujourd’hui, environ 15.000 armes nucléaires sont stockées dans neuf pays, et des centaines sont en état d’alerte, avec la capacité d’être lancées en quelques minutes », a alerté M. Muhammad-Bande.

Pour le Président de l’Assemblée générale, un monde exempt d’armes nucléaires est la seule garantie véritable pour sauvegarder la civilisation. « Le multilatéralisme est notre seul moyen d'avancer sur cette question. En tant que tel, le désarmement nucléaire est une priorité absolue des Nations Unies », a souligné M. Muhammad-Bande.

 

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