Il faut protéger la planète, même pendant les conflits (PNUE)

6 novembre 2019

Il faut agir davantage pour protéger l'environnement en temps de guerre si l'on veut que le monde atteigne l'objectif d'un avenir plus durable pour tous les peuples et pour la planète, a averti la Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) à l’occasion de la Journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre et de conflit armé.

« Les facteurs environnementaux sont rarement, sinon jamais, la seule cause de conflit violent. Cependant, l'exploitation des ressources naturelles et les stress environnementaux connexes peuvent être impliqués dans toutes les phases du cycle du conflit, qu'il s'agisse de contribuer à l'éclatement et à la perpétuation de la violence ou de compromettre les perspectives de paix », a expliqué mercredi Inger Andersen, dans un communiqué.

Malgré la protection fournie par plusieurs instruments juridiques, l'environnement continue d'être « la victime silencieuse des conflits armés dans le monde entier », selon le PNUE.

« L'accès à l'eau, la dégradation des terres, les inondations et la pollution, en plus de la concurrence pour les ressources extractives, peuvent exacerber directement les tensions et conduire à l'éclatement de conflits, comme c'est le cas pour les problèmes d'épuisement des ressources comme la déforestation, l'érosion des sols et la désertification », a signalé Mme Andersen.

2001/2002 © UNEP
Incendies à la raffinerie de pétrole, Pancevo, Serbie.le bombardement de dizaines de sites industriels lors du conflit du Kosovo en 1999 a entraîné une contamination chimique toxique.

De l'agent Orange à Daech

Selon le PNUE, les préoccupations du public concernant le ciblage et l'utilisation de l'environnement lors d'affrontements ont atteint leur apogée pendant la guerre du Vietnam, où l'emploi de l'herbicide toxique Agent orange a entraîné une déforestation et une contamination massives.

Le tollé international qui en a résulté a entraîné la création de deux nouveaux instruments juridiques internationaux : la Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles en 1976 et un amendement aux Conventions de Genève, qui réglementent la conduite de la guerre, un an plus tard.

Le PNUE a rappelé que la pollution importante causée par la destruction intentionnelle de puits de pétrole au Koweït pendant la guerre du Golfe de 1991 avait suscité de nouveaux appels au renforcement de la protection juridique de l'environnement en temps de guerre.

Depuis lors, la dévastation s'est poursuivie. Par exemple, le bombardement de dizaines de sites industriels lors du conflit du Kosovo en 1999 a entraîné une contamination chimique toxique.

Plus récemment, les militants de Daech ont mis le feu à des puits de pétrole qu'ils détenaient lorsqu'ils se sont retirés de régions d'Iraq, libérant ce que le PNUE décrit comme un « mélange toxique » de gaz et autres composants dans l'air.

Photo MANUI
Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) organise un atelier sur l'assainissement des sites contaminés par les hydrocarbures dans les zones touchées par le conflit à Kirkouk, en Iraq.

Protéger la planète, même en période de conflit

La Directrice exécutive du PNUE a noté qu'au cours des dernières décennies la façon dont la communauté internationale comprend les défis à la paix et à la sécurité avait fondamentalement changé.

L'augmentation du nombre d'acteurs non étatiques signifie que la sécurité n'est pas seulement considérée en termes de menaces militaires conventionnelles. « Cette évolution du paysage sécuritaire exige un changement dans la façon dont la communauté internationale s'engage dans la gestion des conflits », a-t-elle affirmé.

Pour Mme Andersen, le rôle potentiel des ressources naturelles et de l'environnement doit être pris en compte dès le départ : de la prévention des conflits et de l'alerte rapide, au rétablissement, au maintien et à la consolidation de la paix.

« Si nous voulons atteindre les objectifs du développement durable, nous devons agir avec plus d'urgence et de cohérence pour réduire les menaces que les conflits armés font peser sur notre environnement et, en fin de compte, sur notre santé et nos moyens de subsistance », a-t-elle dit.

En cette Journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre et de conflit armé, nous n'avons qu'une seule voie à suivre : renforcer notre ambition de protéger notre planète, même dans les scénarios les plus complexes et les plus difficiles, a conclu la cheffe du PNUE.

 

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