Liban : après la démission de Saad Hariri, l’ONU appelle au calme et à éviter la violence

29 octobre 2019

Après l’annonce de la démission du Premier Ministre du Liban, les Nations Unies ont appelé mardi les responsables et forces politiques du pays à éviter la violence et toute rhétorique et actions susceptibles d'alimenter les tensions.

Au treizième jour des manifestations au Liban, Saad Hariri a annoncé le 29 octobre qu’il allait présenter la démission de son gouvernement.

« Le Secrétaire général suit de près l’évolution de la situation au Liban, notamment l’annonce faite aujourd'hui par le Premier Ministre Saad Hariri de sa démission », a déclaré son porte-parole en réponse aux questions des journalistes lors d'un point de presse à New York.

António Guterres et le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le Liban, Ján Kubiš, ont appelé tous les Libanais à faire preuve de « calme et de retenue ».

Le chef de l’ONU a appelé « tous les acteurs politiques à rechercher une solution politique qui préservera la stabilité du pays et réponde aux aspirations du peuple libanais », a ajouté son porte-parole.

Ján Kubiš, a rappelé que les Nations Unies demeurent déterminées à soutenir le Liban, ainsi que son indépendance politique, sa stabilité, sa sécurité, son unité et son intégrité territoriale.

Former rapidement un nouveau gouvernement dans le respect de la Constitution

Apres l'annonce de la démission de Saad Hariri, Ján Kubiš a exhorté les autorités libanaises à agir « de manière décisive et rapide » pour former, « dans le respect des normes constitutionnelles », un nouveau gouvernement.

Selon le Coordonnateur spécial, le nouveau gouvernement devra « répondre aux aspirations du peuple », être « capable de gagner sa confiance » et assurer la sécurité et le maintien de l'ordre public.

M. Kubiš a également appelé à ce que le nouveau gouvernement libanais poursuive et mette en œuvre des « réformes et changements profonds », pour mettre fin au déclin économique et remettre le pays sur la voie du redressement, du développement durable, de la croissance inclusive et de la stabilité.

Dans l'intervalle, le Coordonnateur spécial a exhorté les autorités libanaises à préserver la stabilité de l'État et de ses institutions et à en assurer le bon fonctionnement.

Les partis politiques rappelés à leurs responsabilités

Alors que les manifestations se poursuivent au Liban, le Secrétaire général de l’ONU a appelé tous les acteurs du pays à éviter la violence et à respecter les droits de réunion et d'expression pacifiques.

Ján Kubiš a également appelé tous les dirigeants et toutes les forces politiques du Liban à « s'abstenir de toute rhétorique et actions susceptibles d'alimenter les tensions et d'inciter à la confrontation et à la violence ».

Le Coordonnateur spécial a exhorté les forces de sécurité « légitimes » du Liban à maintenir l'ordre, la loi et la sécurité, à prendre des mesures contre les auteurs de violences, « indépendamment de leur appartenance à un parti », et à protéger les civils qui doivent maintenir le caractère pacifique de leurs manifestations.

Il a rappelé aux partis politiques libanais que ces derniers portent « l’entière responsabilité » du comportement et de l'action de leurs partisans, ainsi que de leur contrôle, en particulier s'ils provoquent des affrontements avec des manifestants pacifiques ou des forces de sécurité.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

L’ONU appelle les dirigeants à écouter la colère qui s’exprime dans de nombreux pays du monde

L’ONU a exprimé vendredi son inquiétude concernant les situations de troubles dans de nombreux pays, notant que, même si chaque situation est unique, les manifestations ont pour point commun la colère des populations au sujet des inégalités et leur méfiance à l’égard des dirigeants politiques.