Syrie : début des travaux sur la Constitution prévu mercredi à Genève

29 octobre 2019

Ça sera une première sur le chemin de la paix en Syrie. Le Comité constitutionnel syrien, chargé de rédiger une nouvelle Constitution, doit se réunir mercredi à Genève sous les auspices des Nations Unies.

Le premier face à face entre délégations syriennes, d’une durée d’une heure, est prévu à midi au Palais des Nations.

Les 150 délégués doivent se retrouver aux côtés de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen. Le diplomate norvégien lancera officiellement les discussions avec les deux co-présidents du Comité constitutionnel, l’opposant Hadi al Bahra d’un côté et l’envoyé de Damas Ahmad Kuzbari de l’autre.

Selon les services de Geir Pedersen, les délégations syriennes sont déjà à Genève. Le médiateur de l’ONU avait prévu de s’entretenir mardi avec les deux co-présidents du comité. Par la suite, il devait avoir, séparément, une réunion préparatoire avec chacun des groupes, notamment la délégation gouvernementale, celle de l’opposition, mais aussi les représentants de la société civile.

Sortir de la tragédie du conflit syrien

A New York, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est félicité de l’opportunité unique offerte par ce Comité constitutionnel.

« Pour la première fois, le gouvernement de la République arabe syrienne et la Commission syrienne de négociations, de l'opposition, ainsi que la société civile, vont s'asseoir ensemble et faire le premier pas sur la voie politique pour sortir de la tragédie du conflit syrien. Je suis heureux que la représentation des femmes au sein du comité soit très proche de 30% - l’ONU n’a cessé de fixer ce seuil minimum », a dit M. Guterres dans une déclaration publiée mardi.

Le chef de l’ONU a souhaité que les parties « travaillent ensemble de bonne foi en vue de trouver une solution conforme à la résolution 2254 (2015), qui réponde aux aspirations légitimes de tous les Syriens et repose sur un engagement fort en faveur de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégrité territoriale du pays ».

« Le lancement et les travaux du Comité constitutionnel doivent s’accompagner d’actions concrètes visant à renforcer la confiance. Un engagement significatif au sein du Comité constitutionnel, accompagné d'une cessation des hostilités dans tout le pays, offrira à mon Envoyé spécial un environnement lui permettant de s'acquitter efficacement de son mandat, qui est de faciliter un processus politique plus large », a-t-il ajouté.

Geir Pedersen rencontre les ministres des Affaires étrangères russe, iranien et turc

A la veille de la réunion du Comité constitutionnel, Geir Pedersen s’est entretenu ce mardi avec les ministres des Affaires étrangères russe, turc et iranien à Genève.

L’émissaire de l’ONU a exprimé lundi l’espoir que la réunion cette semaine sur les bords du Lac Léman ouvre la voie à un processus politique pour ce pays ravagé par plus de huit ans de guerre.

« Je crois vraiment que le lancement du Comité constitutionnel doit être un signe d’espoir pour le peuple syrien qui a tant souffert », a déclaré lundi M. Pedersen aux journalistes.

Le Comité constitutionnel de 150 membres est réparti de façon équitable entre des représentants du pouvoir syrien, de l’opposition et de la société civile. Après la cérémonie de lancement officiel du comité prévue pour durer deux jours, un groupe réduit de 45 personnes représentant les trois composantes commencera à travailler sur la Constitution.

M. Pedersen a précisé qu’aucune date n’avait été fixée pour la fin des discussions, mais a insisté sur le fait que les parties avaient convenu de « travailler rapidement et sans relâche ».

 

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