Avancées dans la compréhension du cancer causé par l'exposition à l'amiante (OMS)

25 octobre 2019

Une nouvelle étude sur le mésothéliome pleural malin, une forme rare de cancer causé par l’exposition à l’amiante, a identifié trois ensembles de tumeurs présentant des caractéristiques de structure moléculaire. 

Selon cette étude d’un centre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces profils moléculaires pourraient éclairer sur la prise en charge clinique et les stratégies de traitement du mésothéliome et ainsi améliorer la compréhension des processus carcinogènes qui contribuent à cette maladie mortelle.

D'après le Dr. Matthieu Foll, auteur principal de cette étude et scientifique du groupe sur la susceptibilité génétique au cancer au CIRC, le Centre international de recherche sur le cancer, « des technologies de séquençage innovantes qui fournissent des informations sur les caractéristiques moléculaires des tumeurs peuvent maintenant mettre en évidence des différences entre des tumeurs qui se ressemblent beaucoup sous le microscope ».

« L’expression des protéines associées aux systèmes immunitaire et vasculaire des tumeurs nous a permis d’identifier des profils moléculaires qui pourraient expliquer les différences de survie globale et de réponse au traitement », a-t-il ajouté. 

Ces travaux du CIRC ont été publiés dans la revue EBioMedicine.

La plupart des patients atteints de ce cancer meurent dans les 2 ans suivant le diagnostic

Le mésothéliome pleural malin est un cancer rare et peu étudié qui est associé à l’exposition à des fibres minérales cancérigènes, collectivement appelées amiante.

La plupart des patients atteints de mésothéliome pleural malin meurent dans les deux ans suivant le diagnostic, principalement en raison de la disponibilité limitée des options thérapeutiques et des possibilités de dépistage précoce.

L’une des raisons de ces limites est qu’il n’existe que peu d’études moléculaires, contrairement aux recherches plus poussées qui ont été effectuées sur les types de cancer les plus courants.

Bien que l’utilisation de l’amiante ait été interdite dans de nombreux pays développés, le mésothéliome pleural malin demeure un problème de santé publique. Cela est dû, entre autres, à la longue période de latence de la maladie qui peut être de plusieurs décennies, au vieillissement de la population, à l’exposition environnementale accrue et à l’utilisation continue de l’amiante, principalement dans les pays en développement.

Les scientifiques du CIRC ont travaillé en étroite collaboration avec la base de données française MESOPATH/MESOBANK, un réseau multicentrique exhaustif de données cliniques nationales, d’échantillons biologiques et de procédures opérationnelles normalisées pour le mésothéliome malin.

« Nous avons pu confirmer nos résultats et identifier un panel de cinq protéines suffisantes pour caractériser ces profils moléculaires du mésothéliome pleural malin et qui pourraient être utilisées en clinique pour aider au diagnostic et informer la prise en charge clinique », conclut le Dr Lynnette Fernandez-Cuesta, co-auteur principal de cette étude et chercheur au CIRC.

 

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