Burkina Faso : l’ONU condamne l’attaque meurtrière contre une mosquée

12 octobre 2019

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a condamné l'attaque perpétrée vendredi contre une mosquée dans le nord du Burkina Faso.

Le 11 octobre, une mosquée dans la commune de Salmossi, à 350 kilomètres au nord de la capitale Ouagadougou et près des frontières avec le Mali et le Niger, a été attaquée lors de la prière du vendredi.

Selon des sources sécuritaires relayées par la presse, au moins 15 personnes auraient été tuées dans cette attaque et quatre autres blessées.
 
« Le Secrétaire général condamne fermement l'attaque », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration de presse publiée dans la nuit de vendredi  à dimanche.

Par la voix de son porte-parole, António Guterres a exprimé ses plus sincères condoléances aux familles des défunts ainsi qu’au peuple et au gouvernement burkinabé. Le chef de l'ONU a également souhaité un prompt rétablissement aux personnes blessées dans cette attaque.
 
« Le Secrétaire général renouvelle l'engagement des Nations Unies à travailler avec le Burkina Faso pour promouvoir la cohésion sociale et faire en sorte que le pays reste sur la voie du développement durable », a ajouté M. Dujarric.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la paix en Afrique lundi dernier, António Guterres avait souligné que « le développement durable et inclusif est un but en soi » et qu’il est « aussi le moyen le plus efficace de traiter les causes profondes des conflits, de l’extrémisme et du terrorisme ».

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Depuis janvier 2016, le nord du Burkina Faso est confronté à des attaques récurrentes dont les civils sont les premières victimes. Le pays d’Afrique de l’Ouest a fait l’objet d’une réunion de la Commission de consolidation de la paix de l’ONU fin septembre en marge du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

« Le niveau de violence atteint et l’insécurité ont eu pour conséquence une crise humanitaire avec pour corollaire des milliers de déplacés internes, des écoles et des centres de santé fermés et des symboles de l’Etat détruits », avait alors déclaré le Président du Burkina Faso, Roch Kaboré, lors de cette réunion.

« La sécurité est alarmante », avait pour sa part reconnu la Coordinatrice résidente des Nations Unies au Burkina Faso, Metsi Makheta, dans un entretien accordé fin septembre à ONU Info lors de sa participation à cette réunion.

La plus haute responsable de l’ONU au Burkina Faso, Metsi Makheta avait souligné que le pays des hommes intègres connaissait pour la première fois de son histoire des déplacements massifs de population causées par les attaques.

 

Vendredi, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé que près de 500.000 personnes sont actuellement déplacées par les violences au Burkina Faso, dont 267.000 rien qu’au cours des trois derniers mois.

Lors d’une mission effectuée à Kaya, au nord-est de Ouagadougou, et à Barsalogho dans la province centrale de Sanmatenga, le HCR a pu constater l’impact dramatique de l’insécurité et de la violence sur la population affectée.

« Les civils que nous avons rencontrés ont enduré des événements effroyables et traumatisants, avec des informations faisant état de plus de 500 morts lors de 472 attaques et opérations antimilitaires menées depuis l’année dernière », a déclaré vendredi le porte-parole du HCR, Andrew Mbogori, lors d’un point de presse à Genève.

 

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