Union européenne : à l’ONU, Donald Tusk appelle à dépasser l’opposition entre mondialisme et patriotisme

27 septembre 2019

A la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président du Conseil européen a rappelé que l’idée à l’origine même de l’ONU ou de l’Union européenne (UE) était une « tentative héroïque » de dépasser l’opposition entre mondialisme et patriotisme.

« Cette opposition est erronée et dangereuse, même si ceux qui la défendent sont nombreux et puissants », a déclaré, le Polonais Donald Tusk, qui doit passer le relais de la Présidence du Conseil européen au Belge Charles Michel dans quelques semaines.

S’agissant de la notion de patriotisme, M. Tusk a jugé que l’histoire de nos nations montre combien il est facile de transformer l’amour de la patrie en haine du voisin, l’orgueil envers sa propre culture en mépris pour la culture de l’autre et la souveraineté nationale en violation de la souveraineté des autres États.

Quant à l’idée de mondialisme, le représentant européen a estimé qu’elle n’était pas attrayante. « Je préfère parler de solidarité », a indiqué M. Tusk. « Je ne vous parle pas ici d’une idéologie naïve ou d’un jeu de mot abstrait », a-t-il insisté, mais bien d’une solidarité concrète.

Selon le Président du Conseil européen, où que l’on se trouve et quelles que soient les origines de chacun, « la vie risque de devenir un enfer si l’on ne trouve pas ici, à l’ONU, les moyens de résoudre les grands défis mondiaux ». Au nombre d’entre eux, il a mentionné le terrorisme international, la prolifération nucléaire et la destruction de l’environnement.

S’agissant de cette dernière, M. Tusk a déploré la prolifération des matières plastiques dans les océans, l’extinction quotidienne d’espèces animales et végétales, la fonte des glaces et la crise amazonienne. « Nous en sommes désormais à un point où nous ne pourrons plus qu’atténuer les changements climatiques et serons dans l’incapacité de faire marche arrière », a-t-il mis en garde.

Face à cette menace, le représentant a indiqué que l’UE était la garante du respect des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris. « Et nous ne ménagerons aucun effort pour être le premier continent à atteindre la neutralité carbone », a-t-il ajouté. 

L’environnement naturel de l’homme n’est pas seulement composé de la terre, des océans et des forêts, a par ailleurs noté M. Tusk. Il repose également sur la liberté et la vérité, a-t-il estimé, appelant à défendre ces principes. Pour y parvenir, le Président du Conseil européen a notamment jugé important « d’arrêter de répandre des mensonges ».

Selon lui, en effet, trop d’hommes politiques emploient aujourd’hui le mensonge pour accéder ou se maintenir au pouvoir. À l’opposé de ces tactiques, M. Tusk les a appelés à défendre la liberté de parole et de la presse, ainsi qu’à « cesser de courtiser les dictateurs ».

Pour protéger la solidarité internationale, le représentant a également appelé à « protéger le faible quand il est attaqué par le plus fort », comme c’est le cas, selon lui, en Ukraine. Si les dirigeants de ce monde ne veulent pas comprendre tout cela, ils passeront dans l’histoire « non pas pour des héros mais pour des faussaires », a-t-il dit.

 

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