Développement durable, action climat : le financement n’est pas au rendez-vous, alerte l’ONU

26 septembre 2019

Lors d’une réunion de haut niveau jeudi sur le financement du développement, le chef de l’ONU a mis en garde les Etats membres contre le manque de financement nécessaire pour réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) et faire face à l'urgence climatique.

« Nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors de cette réunion en marge du débat général de l’Assemblée générale à New York. « Nous sommes loin de mobiliser le financement dont nous avons besoin, qu'il soit public ou privé ».

La baisse de l’aide publique au développement et l’endettement croissant limitent les dépenses consacrées aux ODD, alerte l’ONU. Près d’un tiers des pays les moins avancés du monde vivent actuellement dans une situation de surendettement ou sont exposés à un risque élevé. La situation est particulièrement préoccupante pour les petits États insulaires en développement qui sont lourdement endettés et confrontés au coût exorbitant de destructions causées par le changement climatique.

Malgré ce sombre tableau, des « nouvelles prometteuses » donnent des raisons de rester optimistes et aux Etats d’agir, estime le chef de l’ONU.

Les marchés financiers intègrent de plus en plus la durabilité dans la manière dont ils exercent leurs activités. Divers investisseurs, assureurs et bourses ont adopté des principes de responsabilité sociale et de durabilité. Plus tôt cette semaine aux Nations Unies, les institutions bancaires ont adopté les principes de banques responsables, engageant un secteur d’une valeur de 35.000 milliards de dollars en faveur de pratiques durables.

António Guterres a rappelé les priorités pour faire du développement durable une réalité. Tout d’abord, aligner le système de financement international sur les ODD. « Cela signifie éliminer les obstacles au financement à long terme et encourager le secteur financier à tenir pleinement compte des risques réels de pratiques non durables », a-t-il dit.

Ensuite, aider chaque pays à mobiliser des ressources nationales pour financer ses stratégies de développement durable. « Le système des Nations Unies est prêt à appuyer l’élaboration et la mise en œuvre de cadres de financement nationaux intégrés, conformément aux engagements pris par les pays », a souligné le chef de l’ONU.

Photo IATF
Le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement a eu lieu jeudi 26 septembre 2019 au siège de l'ONU à New York.

S'attaquer à l'exclusion des services financiers

Le Secrétaire général a également appelé à s’attaquer à l’exclusion des services financiers qui a touché tant de personnes. Il a rappelé avoir mis en place un groupe de travail qui étudie comment la numérisation des finances peut contribuer à accélérer le développement inclusif et durable.

« Les femmes doivent être au cœur de l’inclusion, en particulier les femmes pauvres, les femmes chefs d’entreprise et les femmes chefs de famille », a-t-il dit, ajoutant que les pays les moins avancés, où le financement privé est le moins élevé, constituent également une priorité.

Le chef de l’ONU a finalement souligné que la coopération internationale est un impératif. « La collaboration est essentielle pour lutter contre l'évasion et la fraude fiscales, la corruption et les flux financiers illicites qui privent les pays en développement de dizaines de milliards de dollars de ressources potentielles pour leur développement chaque année », a-t-il dit. Une coopération qui sera également nécessaire pour relever le nouveau défi de la taxation de l’économie numérique.

Devant les Etats membres de l’ONU et leurs partenaires internationaux, António Guterres a également rappelé qu’il est de la plus haute importance que la communauté des donateurs maintienne et augmente encore le niveau de l’aide publique au développement, « indispensable aux efforts de développement durable de tant de pays en développement ».

« Le financement est le test de notre sérieux », a souligné le Secrétaire général des Nations Unies. « Sans ressources, nous ne pourrons tout simplement pas fournir de résultats pour les peuples ou la planète », a-t-il prévenu. « Mais avec un financement adéquat, prévisible et durable, tout est possible ».

« Transcender les mots en actes »

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Tijjani Muhammad-Bande, s’est fait l’écho de l’appel du Secrétaire général de l’ONU.

« Il est temps de transcender les mots en actes, seul moyen de transformer notre monde », a-t-il dit.

M. Muhammad-Bande a appelé les Etats membres de l’ONU à être attentifs aux recommandations du rapport sur le financement du développement durable publiée cette année visant à réorganiser l’architecture institutionnelle mondiale afin de libérer des sources de financement nouvelles et innovantes.

« Cela est particulièrement nécessaire pour faire face aux situations particulières des pays qui ont besoin de financer les États les beaucoup moins développés, les moins avancés, les pays à revenu intermédiaire et les petits États insulaires en développement », a-t-il dit.

 

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