France : à l’ONU, Emmanuel Macron appelle à un retour au courage politique pour affronter les défis mondiaux

24 septembre 2019

S’exprimant au débat général de la 74e session de l’Assemblée générale des Nations Unies mardi à New York, le Président français Emmanuel Macron a lancé un appel au retour du courage en politique pour affronter les défis mondiaux contemporains.

« L’impatience partout s’exprime », a déclaré le Président français, qui a noté que les Etats membres de l’ONU n’étaient pas au rendez-vous des objectifs qu’ils se sont donnés à eux-mêmes, qu’il s’agisse du climat ou de la biodiversité.

Il a également noté les tensions « multiples à un niveau inédit » dans certaines régions du monde, comme dans le Golfe persique, les défis rencontrés par une région comme le Sahel, les tensions commerciales qui se multiplient et les inquiétudes croissantes concernant les changements technologiques et leurs conséquences.

« Nous avons tout pour répondre à ces défis », a dit Emmanuel Macron, citant la qualité de la science, le financement « qui ne manque pas à travers la planète », la capacité d’innovation « inégalée », la mobilisation de la jeunesse sur le climat et les libertés, et un cadre permettant aux Etats de travailler pour le bien commun.

Selon le Président français, ce qui manque, c’est « le courage, beaucoup, souvent ». Il a lancé un appel au « retour du courage », le « courage de bâtir la paix et le courage de la responsabilité ».

« Dans toutes les régions du globe, bâtir la paix, c’est prendre le risque, le risque du dialogue, du compromis, de la reconstruction de la confiance », a-t-il dit, prenant notamment pour exemple le Moyen-Orient et la région du Golfe.

 

S’agissant de l’Iran, il a constaté que ce pays avait répondu récemment à la stratégie des Etats-Unis à son égard « par une stratégie de pression maximale sur son environnement régional ». « Les attaques du 14 septembre contre l’Arabie saoudite ont changé la donne », a dit le Président français.

M. Macron s’est inquiété d’un risque d’embrasement. « La paix est à la merci d’un incident qui dégénère », a-t-il dit.

Selon lui, « le temps est à la reprise des négociations » entre les Etats-Unis, l’Iran, les autres signataires de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 et les puissances régionales. La solution passe, estime-t-il, par la pleine certitude que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire, une sortie de crise au Yémen, un plan de sécurité régionale intégrant les autres crises de la région et la sécurité des flux maritimes et la levée des sanctions économiques visant l’Iran.

Le Président français à mentionné d’autres crises, en Syrie, en Libye, et au Sahel. S’agissant du Sahel où la France est impliquée, il a estimé que l’avenir est dans la construction d’une coopération durable entre les cinq pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) et a jugé nécessaire de changer le mandat de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA).

De manière générale, Emmanuel Macron a estimé que « les crises que nous vivons ne se règlent pas par le repli nationaliste ».

Selon lui, il faut « réinventer un multilatéralisme fort » et « pragmatique ». « Il n’y a pas de solutions sans coopération… mais cette coopération doit produire des résultats concrets, engager des acteurs nouveaux », a-t-il dit.

 

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