L’UNESCO met la culture, la nourriture et l’éducation au service de la durabilité

13 septembre 2019

Quelque 200 personnes ont exploré pendant deux jours à Parme, en Italie, des stratégies novatrices plaçant la culture et l'alimentation au cœur du développement social et économique tout en apportant des solutions durables pour l’environnement, conformément au Programme des Nations Unies pour un développement durable à l'horizon 2030.

Le Forum mondial de l'UNESCO sur la culture et l'alimentation, qui s'est tenu les 12 et 13 septembre, s'est concentré sur la culture, l'alimentation et l'éducation en tant que catalyseurs puissants du changement et du développement durable.

« Investir dans le patrimoine culturel et les pratiques alimentaires liées à la culture renforce l’inclusion sociale, le développement économique et le bien-être, et permet de répondre aux défis du Programme de l’ONU à l’horizon 2030 », a déclaré le Sous-Directeur général de l’UNESCO pour la culture, Ernesto Ottone, en lançant les travaux du Forum.

« Les politiques culturelles apportent aujourd’hui des réponses innovantes dans les domaines de l’inclusion, de l’enseignement technique et professionnel, de l’emploi, de la préservation du patrimoine culturel et de la biodiversité », a précisé M. Ottone, soulignant que les pratiques culturelles ancrées dans les systèmes de savoirs traditionnels et locaux liés à la nourriture sont également d’importants marqueurs de l’identité collective et de la durabilité environnementale.

La rencontre de deux jours a été organisée autour de 5 thèmes, dont « Science et recherche : biodiversité, sécurité alimentaire et innovation pour la planète » et « Education et durabilité : formation professionnelle et nouveaux emplois ».

Bien manger en protégeant la planète

Les experts invités au Forum ont également noté l’importance de bien manger tout en protégeant la planète. Ils ont souligné qu’au cours du siècle dernier, les systèmes alimentaires ont subi d’importantes transformations au regard des progrès technologiques, de l’utilisation massive des combustibles fossiles, des tendances migratoires et de l’urbanisation croissante.

La production alimentaire représente une importante source des émissions mondiales de gaz à effet de serre alors que nous gaspillons un tiers des aliments que nous produisons, soit 1,3 milliard de tonnes. L’expansion des terres agricoles est également le principal facteur à l’origine de la déforestation.

Ces tendances menacent la biodiversité, qui diminue à un rythme sans précédent. Les intervenants ont illustré les moyens par lesquels des réponses locales peuvent contrer le développement d’une production et de pratiques alimentaires massives afin d’encourager une utilisation durable des ressources naturelles et une réduction du gaspillage alimentaire.

Les experts ont en outre rappelé l’impact du changement climatique qui fait peser de nouveaux risques sur la sécurité alimentaire, en particulier pour les 2 milliards de personnes qui n’ont actuellement pas un accès régulier à des aliments sains et nutritifs en quantités suffisantes.
 

UNESCO
Le chef italien Massimo Bottura a lancé un appel à l’action en insistant sur la responsabilité sociale des chefs qui peuvent sensibiliser aux choix de consommation durables et informés, soutenir des régimes alimentaires sains et lutter contre le gaspillage alimentaire.

La gastronomie pour une alimentation équilibrée et abordable

La créativité à travers la gastronomie fait partie de l’équation, ont souligné les représentants des Villes créatives de gastronomie de l’UNESCO qui ont participé à la rencontre.

Chacune de ces 26 villes du réseaux des villes créatives a adopté des stratégies et des projets innovants et adaptés au contexte local, qui tiennent compte de l’écosystème complet de la nourriture.

« Nous avons pu partager avec ces 26 villes et une trentaine de villes qui veulent s’ intégrer à ce réseau des expériences vis-à-vis d’une agriculture saine à un prix juste—c’est-à-dire de quelle manière on assure une production locale, de bonne qualité, qui puisse arrivée dans des zones urbaines qui aujourd’hui n’ont pas d’accès », s’est félicité M. Ottonne lors d’une entretien avec ONU Info.

De la même façon, les éléments du patrimoine culturel immatériel, les sites du patrimoine mondial, les réserves de biosphère et les géoparcs de l’UNESCO, servent de laboratoires d’expérimentation pour la recherche scientifique, l’innovation et la pratique qui mettent en évidence les liens intrinsèques et interdépendants entre patrimoine culturel, communautés et environnement.

Le chef italien Massimo Bottura, dont le restaurant trois étoiles au Guide Michelin se classe parmi les 5 meilleurs au monde, était parmi les participants de la rencontre.

Il a lancé un appel à l’action en insistant sur la responsabilité sociale des chefs qui peuvent sensibiliser aux choix de consommation durables et informés, soutenir des régimes alimentaires sains et lutter contre le gaspillage alimentaire. « Cuisiner est un appel à agir », a affirmé le fondateur de l’organisation à but non lucratif Food for Soul .

Le Forum s’est conclu par l’adoption de la Déclaration de Parme, qui réaffirme la nécessité de renforcer les liens entre la culture et la nourriture pour préserver la biodiversité ancrée dans l’identité et le patrimoine culturels, améliorer la production et la consommation alimentaires, soutenir une alimentation saine et impulser un changement transformateur.

« L’objectif principal de ce Forum, c’est de partager ces bonnes pratiques afin de pouvoir résoudre dans les années à venir des politiques publiques, qui sont nécessaires à des pays qui souvent n’y ont pas accès », a conclu Ernesto Ottone, soulignant qu’ils espéraient construire un dialogue entre la culture et la nourriture afin de l’intégrer dans les programmes d’une manière plus soutenue.

 

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