Des scientifiques appellent à agir pour préserver les acquis du développement des dernières décennies

11 septembre 2019

Il est encore possible d'éradiquer la pauvreté dans le monde mais seulement s'il y a un changement fondamental et rapide dans les relations entre l'homme et la nature et une réduction significative des inégalités sociales et de genre, selon un nouveau rapport des Nations Unies rendu public mercredi.

Ce rapport rédigé par un groupe indépendant de scientifiques sera présenté au Sommet 2019 sur les objectifs de développement durable (ODD), fin septembre, à New York. Il permet de faire le point sur les progrès obtenus pour réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui a été adopté en 2015 par les Etats membres des Nations Unies.

Intitulé L'avenir, c'est maintenant : la science au service du développement durable, le rapport conclut que le modèle de développement actuel n'est pas durable et que les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies risquent d'être inversés par l'aggravation des inégalités sociales et des reculs potentiellement irréversibles dans l'environnement naturel qui nous nourrit.

Les scientifiques concluent qu'un avenir meilleur est encore réalisable, mais uniquement en modifiant radicalement les politiques de développement.

Créer une croissance économique simplement en augmentant la consommation de biens matériels n'est plus une option viable au niveau mondial. Selon les projections, l'utilisation mondiale de matériaux devrait presque doubler entre 2017 et 2060, passant de 89 gigatonnes à 167 gigatonnes, avec une augmentation correspondante des émissions de gaz à effet de serre et d’autres effets toxiques tels que ceux de l’exploitation minière et d’autres sources de pollution.

Le modèle de développement actuel a permis la prospérité de centaines de millions de personnes. Mais cela a également conduit à une pauvreté persistante et à des niveaux d'inégalité sans précédent qui minent l'innovation, la cohésion sociale et la croissance économique durable. Il a amené le monde au bord du gouffre en ce qui concerne le système climatique mondial et la perte de biodiversité.

Procéder à des transformations

Pour changer de cap, les scientifiques disent que le monde doit transformer un certain nombre de domaines clés des activités humaines, notamment l'alimentation, l'énergie, la consommation et la production, ainsi que les villes.

Ces transformations peuvent découler d'une action coordonnée des gouvernements, des entreprises, des communautés, de la société civile et des individus. La science a un rôle particulièrement vital à jouer, rôle qui peut être encore renforcé en investissant davantage dans ce domaine.

Le rapport souligne que la réalisation des objectifs de développement durable nécessite fondamentalement de dissocier la croissance économique de la dégradation de l'environnement, tout en réduisant les inégalités sociales et celles entre les hommes et les femmes en termes de richesse, de revenus et d'accès aux opportunités.

Comme les pays ne partent pas tous du même endroit, les scientifiques affirment qu'une croissance plus forte continuera d'être nécessaire dans les pays les plus pauvres pour assurer des services sociaux et des infrastructures de qualité, tout en soulignant que la croissance d'abord et le nettoyage plus tard ne sont pas une option. Le rapport souligne également la nécessité d'accroître l'accès aux technologies et aux connaissances appropriées.

Les pays développés doivent modifier leurs modes de production et de consommation, notamment en limitant l'utilisation de combustibles fossiles et de plastiques, et encourager les investissements publics et privés conformes aux objectifs de développement durable.

Les scientifiques suggèrent que l'ONU fasse la promotion d’un nouveau label d'investissement dans le développement durable, avec des paramètres et des directives clairs, pour encourager et récompenser les investissements dans les industries et les marchés financiers qui favorisent le développement durable et découragent les investissements dans les autres.

La transformation en profondeur nécessaire ne sera pas facile et le rapport suggère qu'une compréhension scientifique approfondie est nécessaire pour anticiper et atténuer les tensions et les compromis inhérents à un changement structurel généralisé. Par exemple, les personnes qui perdent leur emploi avec l’abandon des combustibles fossiles et d’autres industries en contradiction avec un avenir durable devraient être soutenues dans leur recherche d’autres moyens de subsistance.

Les auteurs soulignent qu'une volonté et un engagement politiques forts seront nécessaires pour procéder aux transformations nécessaires, qu'il n'existe pas de solution unique et que les interventions dans les pays développés seront très différentes de celles des pays en développement.

 

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