Dans un Moyen-Orient divisé, l’ONU appelle à maintenir ouverts les canaux de communication

20 août 2019

Une haute responsable de l’ONU a rappelé mardi le « rôle indispensable » du Conseil de sécurité des Nations Unies dans le maintien de la stabilité au Moyen-Orient.

« La situation au Moyen-Orient reste préoccupante et complexe, caractérisée par des conflits prolongés, des tensions géopolitiques qui se manifestent au niveau régional, des problèmes de gouvernance ainsi que de graves déficits de développement socio-économique dans un certain nombre de pays », a déclaré Maria Luiza Viotti, la cheffe de cabinet du Secrétaire général de l’ONU lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la région.

Devant le Ministre des affaires étrangères polonais, Jacek Czaputowicz, dont le pays préside le Conseil au mois d’août, et en présence du Secrétaire d’Etat américain, Michael Pompeo, Mme Viotti a rappelé que le Moyen-Orient a connu ces dernières semaines plusieurs défis qui ont attiré l’attention de la communauté internationale.

« La série d'incidents survenus dans le détroit d'Ormuz et les voies navigables adjacentes a exacerbé les tensions à des niveaux dangereux », a dit la Cheffe de cabinet, rappelant qu’il est essentiel que les droits et les obligations liés à la navigation maritime soient respectés conformément au droit international.

« Il est urgent de faire preuve de retenue et de dialogue sincère afin d'éviter le risque qu'une erreur de calcul mineure ne conduise par inadvertance à un affrontement majeur, avec des conséquences désastreuses même au-delà de la région », a prévenu la haute responsable onusienne.

Selon la Cheffe de cabinet, les profonds désaccords sur le programme nucléaire iranien exacerbent davantage les divergences dans le Golfe. « Malgré les préoccupations à son égard, le Plan d’action global commun demeure le seul cadre international convenu pour traiter le programme nucléaire iranien », a-t-elle dit, en référence à l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

En Syrie, Mme Viotti a souligné que l’Envoyé spécial du Secrétaire général, Geir Pedersen, n’épargne aucun effort pour finaliser les arrangements en vue du lancement du Comité constitutionnel, ouvrant la porte à un processus politique plus large facilité par l’ONU conformément à la résolution 2254, et pour mettre en œuvre des mesures de confiance, notamment sur les détenus.

« Toutefois, l’ONU craint que les hostilités actuelles dans le nord-ouest de la Syrie risquent de saper les efforts de l’Envoyé spécial pour relancer le processus politique », a-t-elle alerté.

Au Yémen, les Nations Unies continuent de fournir l'aide humanitaire vitale qui fait cruellement défaut, tandis que l'Envoyé spécial Martin Griffiths reste engagé dans les efforts visant à mettre en œuvre l'accord sur la ville portuaire d’Hodeïda. « Nous espérons que cela mènera à des discussions plus larges et totalement inclusives sur la fin du conflit », a dit Mme Viotti.

Appel à une solution juste et acceptable pour résoudre le conflit israélo-palestinien

Alors que le conflit israélo-palestinien reste le problème le plus ancien sur l'agenda de l'ONU pour la paix et la sécurité, la Cheffe de cabinet a rappelé qu’« une solution juste, acceptable pour les deux parties, est essentielle pour l'avenir de toute la région ».

« L’ONU reste prête à soutenir les efforts visant à permettre aux Palestiniens et aux Israéliens de vivre côte à côte dans la paix et à l'intérieur de deux États démocratiques, à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies », a-t-elle déclaré.

Mme Viotti a indiqué aux membres du Conseil que la priorité doit être d'empêcher que les points chauds les plus sensibles au Moyen-Orient ne débordent. « Garder ouvertes les voies de communication doit être la priorité numéro un, suivie de mesures de renforcement de la confiance pour inciter les parties à passer de la confrontation au dialogue », a-t-elle dit,

Dans un « Moyen-Orient qui compte de nombreuses lignes de fracture et divisions », la Cheffe de cabinet a rappelé que l’ONU s’attaque aux nombreux défis de la région sur de nombreux fronts : du soutien à la diplomatie préventive à la médiation des conflits en cours, en passant par la fourniture d’une assistance humanitaire à des millions de personnes et le suivi des droits de l'homme.

Face à ces défis, « le rôle du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales reste indispensable », a-t-elle souligné.

 

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