Yémen : l’ONU s’inquiète d’un regain de violences affectant les civils

6 août 2019

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est déclaré inquiet mardi du regain de violences dans plusieurs régions du Yémen et de l’intensification des activités des groupes affiliés à Al Qaïda et Daech.

« Au cours des 10 derniers jours, nous avons documenté un certain nombre de développements extrêmement préoccupants au Yémen qui ont eu de graves répercussions sur les civils dans tout le pays, notamment à Aden, Taëz, Sanaa, Saada, Al Dhale et d’autres régions. Les groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique (Daech) semblent également avoir intensifié leurs activités dans le pays », a dit une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse à Genève.

Depuis le 27 juillet, le HCDH a vérifié 19 morts à Taëz, Saada et Aden et 42 civils blessés

Depuis le 27 juillet, le HCDH a vérifié 19 morts à Taëz, Saada et Aden et 42 civils blessés. La majorité des décès de civils résultent d'une attaque perpétrée le 29 juillet dans le secteur du marché d'Al Thabet, dans le gouvernorat de Saada, au cours de laquelle 14 civils ont été tués et 26 autres blessés. Il y a des rapports contradictoires sur la partie au conflit qui a perpétré ces attaques.

Le 28 juillet, des forces militaires et des comités populaires affiliés aux rebelles houthis auraient lancé des attaques aveugles dans le quartier Al-Rawdhah à Taëz, tuant un enfant et blessant trois autres civils.

Cela faisait suite à d'autres attaques similaires des jours précédents par des forces affiliées aux Houthis. Des attentats auraient également été perpétrés contre des établissements de santé et scolaires, notamment une attaque le 31 juillet contre un service des urgences d'un hôpital et des ambulances à Taëz.

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À Aden et à Abyan, dans le sud du pays, une série d'attaques a eu lieu le 1er et le 2 août contre un commissariat de police et des camps militaires. Daech a revendiqué la responsabilité de l'attaque du commissariat.

Un missile balistique qui aurait été lancé par les Houthis serait responsable de l'attaque du 1er août à Aden lors d'un défilé militaire, tandis que des groupes armés affiliés à Al Qaïda auraient attaqué un autre camp militaire dans le gouvernorat d'Abyan le 2 août.

Nous rappelons aux parties au conflit que ces arrestations et déplacements forcés sont contraires au droit international des droits de l'homme et au droit humanitaire - Ravina Shamdasani, porte-parole du HCDH

Dans ce qui apparaît comme des représailles à ces attaques, des civils originaires du nord du Yémen auraient été arrêtés, agressés, harcelés et déplacés de force vers les régions limitrophes des autres gouvernorats.

« Nous rappelons aux parties au conflit que ces arrestations et déplacements forcés sont contraires au droit international des droits de l'homme et au droit humanitaire », a déclaré la porte-parole du HCDH, qui a précisé que des centaines de personnes auraient été déplacées.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme reste également profondément préoccupé par la situation à Al Dhale, dans le sud-ouest du Yémen, depuis l'escalade des opérations militaires en mars 2019, y compris l'utilisation de mines antipersonnel, des frappes aériennes, des bombardements et des combats au sol.

« Nous exhortons toutes les parties au conflit à chercher à désamorcer la situation et à veiller à ce que toute attaque contre des civils et des infrastructures civiles fasse l'objet d'une enquête approfondie et que ses auteurs soient traduits en justice », a conclu Mme Shamdasani.

 

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