Cisjordanie : l'ONU préoccupée par le sort d’un enfant palestinien blessé à la tête par un tir

30 juillet 2019

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit préoccupé du sort d’un enfant palestinien qui se trouve dans un état critique après avoir été blessé à la tête par un tir à balles réelles.

« Nous sommes préoccupés par l'état critique d'un enfant palestinien de neuf ans, Abdul Rahman Shteiwi, qui a été touché à la tête par les Forces de sécurité israéliennes (FSI) le 12 juillet dernier, dans ce qui semble avoir été un exemple d’un usage excessif de la force », a déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat lors d’un point de presse ce mardi à Genève.

Selon les services de la Haut-Commissaire Bachelet, l’enfant a été blessé lors d'affrontements à Kfar Qaddum, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.

« Alors que les manifestants brûlaient des pneus et lançaient des pierres sur les soldats israéliens - après avoir initialement réagi avec des tirs de balles en caoutchouc et des grenades neutralisantes -, ces derniers auraient fait usage de munitions réelles, « sans aucune raison apparente pour justifier le recours à la force meurtrière ».

Abdul Rahman, ne participait pas activement à la manifestation - Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme

« Selon plusieurs sources crédibles, cet enfant de neuf ans, Abdul Rahman, ne participait pas activement à la manifestation », a rappelé M. Colville. L’enfant était à plus de 100 mètres des affrontements et ne constituait manifestement pas une menace physique imminente pour les Forces de sécurité israéliennes.

La balle dans le front provoqua un grand trou et de multiples fractures du crâne. D'abord emmené dans un hôpital de Naplouse, Abdul Rahman a ensuite été transféré dans un hôpital israélien, où il restait en vie, mais dans un état critique.

« Les radios montrent des dizaines de fragments dans la tête de l’enfant, entraînant des lésions cérébrales graves, dont il ne pourra probablement pas se remettre, même s’il survit », a ajouté M. Colville.

« Les enfants ne doivent pas être ciblés ni encouragés à participer à la violence »

Si les forces de défense israéliennes ont indiqué avoir ouvert une enquête interne, le Haut-Commissariat invite les autorités israéliennes à mener une enquête approfondie, efficace, impartiale et indépendante sur cet incident. L’Agence onusienne appelle également Tel Aviv à veiller à « ce que les responsables soient tenus pour responsables de leurs agissements ».

Les services de la Haut-Commissaire Bachelet rappellent que la fusillade d'Abdul Rahman est l'un des derniers d'une longue liste d'incidents dans le territoire palestinien occupé dans lesquels des enfants et des adolescents ont été blessés ou tués dans des circonstances qui suggèrent fortement que les Forces de sécurité israéliennes ont eu recours à un usage excessif de la force.

Nous exhortons Israël à revoir les règles d’engagement de ses forces de sécurité - Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme 

Mais pour le Haut-Commissariat, l’usage excessif de la force doit être exceptionnel et la force meurtrière ne doit être utilisée que dans les cas de menace imminente de mort ou de blessures graves aux forces de sécurité ou à d'autres personnes, et dans le respect strict des normes internationales en matière de droits de l'homme.

« Une fois encore, nous exhortons Israël à revoir les règles d’engagement de ses forces de sécurité et à veiller à ce qu’elles soient conformes aux normes internationales, applicables dans tous les pays », a plaidé le porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

A noter qu’après 10 semaines écoulées de manifestations à la frontière entre Gaza et Israël sans faire de victimes, un homme de 22 ans a été tué par balle le 26 juillet dernier. Et au cours de la même période, 102 enfants, principalement des adolescents, ont été blessés par des balles réelles tirées par les soldats stationnés sur cette barrière.

Suite à ces incidents, le Haut-Commissariat rappelle que les enfants doivent bénéficier d'une protection spéciale. « Ils ne doivent pas être ciblés, ne doivent pas être menacés de violence ni encouragés à participer à la violence », a insisté le porte-parole du Haut-Commissariat.

 

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