Au Brésil, l’assassinat d’un chef Wajãpi, « symptôme inquiétant » de l'invasion des terres autochtones (ONU)

29 juillet 2019

Après l'assassinat du chef autochtone, Emrya Wajãpi, au Brésil, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a exhorté Brasilia « à prendre des mesures décisives » pour protéger les droits des peuples autochtones sur leurs terres.

Le cacique Emrya Wajãpi a été tué le 23 juillet à Amapá, un Etat de l’extrême nord du pays, frontalier de la Guyane française.

Selon des témoignages d’autochtones rapportés par les médias, des dizaines d'orpailleurs seraient entrés dans la réserve protégée de la communauté Wajãpi et auraient ensuite torturé et tué leur cacique.

« L'assassinat d'Emrya Wajãpi, chef du peuple autochtone Wajãpi, est tragique et répréhensible en soi », s’est indignée Mme Bachelet dans une déclaration à la presse rendue publique lundi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

Pour la Haut-Commissaire, l’assassinat du cacique Wajãpi est « un symptôme inquiétant du problème croissant de l'invasion des terres autochtones - en particulier les forêts - par les mineurs, les bûcherons et les agriculteurs du Brésil ».

Selon la cheffe des droits de l’homme de l’ONU, la politique proposée par le gouvernement brésilien pour ouvrir davantage de zones de l’Amazonie à l’exploitation minière pourrait entraîner des incidents de violence, d’intimidation et des meurtres similaires à ceux infligés au peuple Wajãpi la semaine dernière.

« Il est essentiel que les autorités réagissent rapidement et efficacement pour enquêter sur cet incident et traduire en justice tous les responsables présumés, en pleine conformité avec la loi », a souligné Mme Bachelet, qui estime, par ailleurs, que des mesures efficaces devraient être prises pour sauver la vie et l'intégrité physique des Wajãpi, notamment par la protection de leur territoire par les autorités.

La protection des peuples et terres autochtones ne concerne pas seulement le Brésil.

La protection des peuples autochtones et de la terre sur laquelle ils vivent demeure une question importante pas seulement au Brésil mais dans le monde entier, souligne l’ONU.

« Bien que des progrès aient été réalisés ces dernières années, nous avons également constaté une faible application des lois et des politiques existantes et, dans certains cas, le démantèlement des cadres institutionnels environnementaux et autochtones existants, comme cela semble maintenant être le cas au Brésil », a déploré la Haut-Commissaire.

Lorsque les peuples autochtones sont expulsés de leurs terres, il ne s'agit pas uniquement d'un problème économique. Comme l'indique clairement la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, cela concerne tout leur mode de vie - Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a exhorté Brasilia à prendre des mesures décisives pour mettre un terme à l'invasion des territoires autochtones et garantir l'exercice pacifique des peuples autochtones de leurs droits collectifs sur leurs terres. « Lorsque les peuples autochtones sont expulsés de leurs terres, il ne s'agit pas uniquement d'un problème économique. Comme l'indique clairement la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, cela concerne tout leur mode de vie », a alerté Mme Bachelet.

La Haut-Commissaire a appelé le gouvernement brésilien à revoir sa politique à l'égard des peuples autochtones et de leurs terres « afin que le meurtre d'Emrya Wajãpi n'annonce pas une nouvelle vague de violence visant à effrayer les populations de leurs terres ancestrales et à permettre la destruction de la forêt tropicale ».

La haute responsable onusienne n’a pas manqué de rappeler que les conséquences scientifiquement prouvées de la destruction de l’Amazonie sur l’exacerbation du changement climatique.

 

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