Cisjordanie : les destructions de maisons palestiniennes « incompatibles » avec le droit international humanitaire (ONU)

22 juillet 2019

Ayant observé avec « tristesse » la destruction par les autorités israéliennes de maisons de la communauté palestinienne de Sur Bahir, trois hauts responsables des Nations Unies ont jugé lundi que cette décision n'est « pas compatible » avec les « obligations d'Israël en vertu du droit international humanitaire ».

La Cour suprême d'Israël a jugé que les maisons avaient été construites trop près de la barrière de séparation en Cisjordanie occupée, en violation d'une interdiction de construire.

« Entre autres choses, la destruction de biens privés en territoire occupé n'est autorisée que lorsqu'elle est absolument nécessaire pour des opérations militaires, ce qui n'est pas applicable », ont fait valoir dans une déclaration commune, Jamie McGoldrick, Coordinateur humanitaire des Nations Unies, Gwyn Lewis, Directeur des opérations en Cisjordanie de l'UNRWA, l’Office de secours de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, et James Heenan, Directeur du Bureau des droits de l'homme des Nations Unies dans cette zone.

« En outre », poursuit la déclaration, « cela entraîne des expulsions forcées et contribue au risque de transfert forcé auquel sont confrontés de nombreux Palestiniens en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est ».

La déclaration indique que les forces israéliennes sont entrées dans la communauté tôt lundi matin, alors qu'il faisait encore nuit.  L'opération à grande échelle a contraint des familles à quitter leurs maisons et a démoli un certain nombre d'immeubles résidentiels du côté est de la barrière.

« Parmi les personnes déplacées de force ou touchées d'une autre manière figurent les réfugiés palestiniens, dont certains sont aujourd'hui confrontés à la réalité d'un deuxième déplacement de mémoire d'homme », ont indiqué les responsables de l'ONU.

Pertes irremplaçables

Les trois responsables onusiens ont déclaré que si les partenaires humanitaires sont prêts à apporter une réponse d'urgence aux personnes déplacées ou autrement affectées par la destruction de leur propriété privée, « aucun montant d'aide humanitaire ne peut remplacer un logement ou couvrir les pertes financières massives subies aujourd'hui par les propriétaires ».

Plusieurs des personnes touchées ont rapporté avoir investi toutes leurs économies dans ces propriétés, après avoir obtenu les permis de construire nécessaires auprès de l'Autorité palestinienne.

«Ce qui s'est passé aujourd'hui à Sur Bahir est d'autant plus important que de nombreuses autres maisons et structures risquent aujourd'hui le même sort», ont déclaré les hauts fonctionnaires de l'ONU.

En 2004, la Cour internationale de Justice (CIJ), s'est prononcée contre la construction du mur israélien et a estimé que les parties traversant la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est - y compris les maisons de Sur Bahir - « ne peuvent être justifiées par des exigences militaires et violent donc les obligations d'Israël au regard du droit international », précise la déclaration.

En outre, dans une résolution du 20 juillet 2004, l'Assemblée générale des Nations Unies a exigé qu'Israël se conforme à ses obligations légales telles qu'énoncées dans l'avis consultatif de la CIJ.

« Si des mesures concrètes avaient été prises pour assurer le respect de ces principes et du droit international humanitaire et des droits de l'homme en général, la population de Sur Bahir ne subirait pas le traumatisme qu'elle subit aujourd'hui et ses droits auraient été bafoués », conclut la déclaration.

 

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